Un enfant qui est aveugle ou malvoyant a le droit de participer à une activité culinaire comme les autres jeunes de leur âge". Ainsi s’explique Rebecca Lévêque, responsable communication à la ligue Braille de Bruxelles. "C’est sur base de cette idée que nous avons créé un stage de trois jours qui leur est destiné, sur le thème "Rhytms and Chocolate."

Pour cette première édition, huit enfants aveugles ou malvoyants de 8 à 18 ans, venant de Wallonie ou de Bruxelles, ont exploité leurs sens du toucher, de l’odorat et de l’ouïe autour du thème "musique et chocolat". En plus des différentes activités ludiques proposées, le stage s’est ponctué par une visite du Musée du Chocolat et du Musée des Instruments de Musique (MIM).

Les frais d’inscription au stage ont coûté 7 euros aux parents, utilisés pour l’entrée aux musées. Les autres activités étaient gratuites.

Apprendre et s’amuser

Premier témoignage, celui d’Elisa, 15 ans, originaire de Charleroi : "Je suis malvoyante depuis la naissance. Je suis heureuse de cette initiative car elle nous amène à découvrir énormément de choses. C’est amusant de reconnaître les sons de la vie quotidienne et d’apprendre l’histoire du chocolat".

Pour Mélanie, 18 ans, l’important est de rencontrer des gens. "C’est une très belle initiative. J’ai appris à connaître les autres. "

Quant à Germain, 11 ans, la préparation du gâteau au chocolat restera un moment inoubliable… surtout au moment de la dégustation.

"Les autres enfants ont la possibilité de faire des stages. Eux aussi doivent en avoir" , défend Virginie Detournay, l’une des animatrices du stage. "C’est vrai que nous avons initié ce stage dans un but d’apprentissage. Mais l’objectif premier reste l’amusement. Au niveau de la sécurité, nous devons rester plus attentifs. Mais si l’on reste vigilant, il n’y a pas de problème".

Pour rappel, la ligue Braille existe depuis 1920. Ses objectifs sont notamment de soutenir et défendre les personnes aveugles et non-voyantes. " Il existe plusieurs services dans l’aide à ces personnes. Le premier pour les nouveaux arrivants est le service social. Nous disposons ensuite d’un service accompagnement, qui va être chargé de les suivre dans la vie de tous les jours, ainsi que d’un service professionnel qui interviendra dans le conseil des travailleurs" , nous dit Rebecca Lévêque. Au sein de l’organisation se trouve également une "Braille Shop", dans laquelle on peut trouver différents outils pouvant aider les malvoyants et aveugles, comme par exemple le "bipeur" qui s’attache au verre et qui résonne lorsque l’eau dépasse un certain niveau.

Pour subvenir à ses besoins, la ligue dispose de fonds octroyés par la fédération Wallonie-Bruxelles. Mais la majorité du financement provient de récolte de dons. Sur le plan géographique, l’organisation s’étend. Elle est présente à Bruxelles et en Wallonie.

Enfin, pour en revenir au stage, l’opération a été une belle réussite selon les organisateurs. "Le premier essai a été un franc succès à tel point qu’un deuxième stage de ce type est programmé pour les 28, 29 et 30 octobre prochains" , s’enthousiasme Virginie Detournay. "Nous aimerions que, sur le long terme, une organisation de ce type soit généralisée à toutes les vacances."