La démission de Jean-Claude Van Cauwenberghe sonne-t-elle le glas de l'ère Van Cau à Charleroi? Il avait annoncé qu'il ne se représenterait plus aux prochaines élections communales, ce qui doit permettre à son fils Philippe d'être utilement candidat. On pensait aussi qu'il occuperait ses fonctions ministérielles jusqu'à cette échéance. C'est dire si la surprise a été (quasi) totale, vendredi soir, à Charleroi. Si le MR Olivier Chastel préférait attendre «pour y voir plus clair», le bourgmestre Jacques Van Gompel tenait, lui, à saluer «la dignité d'un homme de coeur qui a pensé au parti, à la ville et à la région plutôt qu'à son intérêt personnel». Van Cau avait réfléchi toute la journée encore avant de prendre sa décision, nous a dit Jacques Van Gompel, avec qui il avait encore eu un entretien téléphonique peu avant. L'après-Elysette? «Nous allons continuer à travailler, ensemble, pour donner à Charleroi l'importance qu'elle mérite et surtout le faire dans un autre climat que le climat actuel», disait hier soir Jacques Van Gompel.

On sait Jean-Claude Van Cauwenberghe capable de rebondir, à Charleroi. L'homme qui a régné sans grand partage sur la ville pendant plus de vingt ans y a tissé des liens et placé des hommes et des femmes qui n'ont cessé d'assurer le contact avec lui et d'opérer la jonction entre Charleroi et l'Elysette. De quoi former, autour du «simple» conseiller communal Van Cauwenberghe, une équipe dont on peut penser qu'elle trouvera dans cette démission l'occasion d'une relance.

C'est que l'échéance des élections communales est proche, et que le séisme vécu hier avec l'arrestation de l'échevin Despiegeleer n'est pas de ceux dont un parti se remet, fût-il le PS, et dans une ville où il dispose d'une majorité confortable. Cela peut être, demain, une des raisons que trouvera Jean-Claude Cauwenberghe à rebondir: président de l'USC, il va avoir la lourde tâche de redresser une barque dangereusement en train de prendre l'eau. De quoi meubler, c'est sûr, le temps de l'ex-Premier wallon.

© La Libre Belgique 2005