Peu après le drame de Termonde, Easydentic annonçait avoir passé un accord-cadre avec Unieko, l'association professionnelle des crèches indépendantes, afin de les équiper de leur technologie. Côté francophone, avant Dorémi, deux autres crèches, à Nivelles, ont récemment fait appel à Easydentic. Dans l'une, seules les trois responsables de la crèche utilisent leurs empreintes pour ouvrir la porte d'entrée. Les parents sonnent et les puéricultrices vont ouvrir. Dans l'autre, comme à Jambes, tous les parents y sont passés. A la satisfaction générale, semble-t-il. "Il y a même des parents qui sont venus chez nous parce que nous étions bien sécurisés" , affirme Laurye Santens, de Baby Love, où est également installée, à l'entrée, une caméra de surveillance. Un système efficace, donc, semble-t-il.

Mais ne faut-il pas s'inquiéter de l'arrivée, dans les secteurs de l'enseignement ou de la petite enfance, de technologies biométriques plutôt utilisées dans les banques, les pharmacies d'hôpitaux voire les caves à vins de restaurants ? En avril 2008, la Commission de la protection de la vie privée a rendu un avis (1) sur la question, dans lequel il souligne que "toute donnée personnelle doit être traitée pour des finalités déterminées, explicites et légitimes. (...) Le traitement des données biométriques à des fins d'authentification de personnes peut en principe intervenir lorsque les personnes concernées ont donné leur consentement. (...) Le consentement doit être libre, spécifique et informé". Interrogé sur cette pratique nouvelle dans les crèches belges, Eddy Gilson, juriste à l'ONE, rappelle que tout est question de "proportionnalité entre l'atteinte à la vie privée et l'objectif poursuivi" . "Le milieu d'accueil doit viser à la sécurité de ses accès , dit-il. Il choisit le système le plus adéquat selon sa situation." Pour le reste, "l'ONE n'impose rien. Sur le contrôle des empreintes digitales, nous n'avons fait ni ukases ni recommandations. Nous estimons cependant que si un parent refuse ce système, on ne peut lui refuser l'inscription de son enfant à la crèche" (un point de vue pas nécessairement partagé chez Dorémi, NdlR). "Enfin, il faut éviter de construire une forteresse. Le milieu d'accueil doit rester un lieu de vie. Il y a la technologie mais il y a aussi la manière de l'implémenter avec les parents, avec de la souplesse, par exemple, si une grand-mère vient exceptionnellement rechercher son petit-enfant."

(1) Web www.privacycommission.be

© La Libre Belgique 2009