Le dossier de l’implantation du centre de formation pour élites sportives semble encore loin d’une décision finale En effet, les représentants des trois candidatures en lice (Louvain-la-Neuve, Liège et Mons) n’ont pas rencontré hier, comme convenu, le gouvernement de la Communauté française.

Les précisions demandées pour le 31 août ont pourtant été apportées par écrit par les représentants des trois dossiers. Ce report a pris par surprise les porteurs de projet eux-mêmes et, actuellement, c’est le flou quant à un nouveau timing. Les entrevues seraient néanmoins envisagées en octobre prochain.

Pour rappel, ce n’est pas la première fois que la très sensible question de la localisation du futur centre sportif pour élites est repoussée à plus tard. A l’origine, le gouvernement devait trancher avant les vacances politiques estivales. Mais la tâche s’est avérée fort rude puisqu’un jury d’experts avait classé ex aequo au nombre de points les dossiers liégeois et louvaniste (tandis que Mons avait été larguée). C’était donc à l’exécutif de la Communauté de choisir soit Liège (et l’ULg), soit Louvain-la-Neuve (et l’UCL).

Finalement, tout a été reporté à la rentrée, signe des difficultés ministérielles à trancher en faveur de l’un ou de l’autre. Il faut dire que le bureau du PS, sur la base d’une petite note de l’IEV (Institut Emile Vandervelde, le centre d’études du PS) avait décidé de soutenir discrètement les Liégeois. Au sein du gouvernement, Jean-Claude Marcourt (PS) est en quelque sorte le porte-voix principautaire.

Inversement, sans tomber dans le pur cynisme, il est raisonnable de penser qu’André Antoine (CDH), ministre des Sports et donc responsable de la décision finale, est plus sensible au dossier émanant de son fief (le Brabant wallon).

Ce croisement d’intérêts politiques, à quelques mois des élections communales, ralentit naturellement la prise de décision, nous confirment plusieurs sources proches du dossier. En effet, si Louvain-la-Neuve était choisie, il faudrait des compensations pour Liège. Et réciproquement En tout cas, une solution qui permette tant à Jean-Claude Marcourt qu’à André Antoine de ne pas perdre la face devra être trouvée.

Dès lors, plusieurs pistes alternatives sont envisagées : afin de ménager tout le monde et n’humilier personne, le centre sportif pourrait être éclaté sur deux sites (Liège et Louvain-la-Neuve) voire trois (Liège, Louvain-la-Neuve et Mons), contrairement à ce qui était annoncé initialement (un seul site). Les porteurs des projets respectifs ont d’ailleurs planché sur la question et, en principe, ont remis des solutions collaboratives.

Enfin, la piste de "pas de centre du tout" est également sur la table. Mais plus pour des raisons budgétaires que politiques On l’a dit, les temps sont durs et lorsqu’on doit faire ceinture, il vaut parfois mieux ne pas lancer un nouveau programme coûteux que de supprimer des politiques déjà en place. Le centre pourrait donc passer à la trappe. Preuve de ce souci financier : il nous revient que la question du centre sportif ne sera réellement abordée que lors de la confection du budget 2012, soit dans les prochaines semaines.