Toutes les peines de plus de six mois sont dorénavant exécutées que ce soit via la prison, les peines de travail, la probation ou le contrôle électronique, ont indiqué vendredi, lors d'une conférence de presse, le Premier ministre Elio Di Rupo et la ministre de la Justice Annemie Turtelboom. Ceux-ci ont également mis en avant la rapidité de l'exécution des peines. "Il n'est plus question de parler d'impunité", ont-ils fait observer. L'exécution sur mesure des peines de plus de six mois permet d'en finir avec le sentiment d'impunité et de mieux lutter contre la récidive, ont-ils dit.

L'augmentation du nombre de probations, de peines de travail et de contrôle électronique permet également de soulager quelque peu la situation en prison alors que la construction de plusieurs établissements pénitentiaires est achevée ou en voie de l'être.

La capacité dans les prisons passera de 8.422 à 10.274 détenus en juillet 2014. Le renvoi des criminels ne disposant pas de documents leur permettant de rester sur le territoire est passé de 378 en 2012 à 500 le 14 octobre dernier, un nombre qui continue d'augmenter.

Le nombre de personnes en plus mises sous bracelet électronique est passé de 802, le 15 janvier 2012, à 1.760 aujourd'hui pour atteindre un total de 4.700 applications de la surveillance électronique actuellement.

Le temps d'attente dans les maisons de justice, qui gèrent l'ensemble des peines alternatives, a baissé; 4.873 personnes étaient en attente le 31 août 2012, elles ne sont plus que 712 le 15 septembre 2013, soit la limite opérationnelle envisageable pour le traitement des dossiers. Une centaine attendent leur bracelet électronique; un temps d'attente qui est passé de 3 à 7 semaines environ selon les régions.

La ministre de la Justice table par ailleurs sur 10.837 peines de travail, une augmentation de 30% par rapport à l'an dernier. "Et quand le système fonctionne, le juge est plus enclin à prononcer ce type de peine", a souligné Mme Turtelboom. Enfin, on compte 7.500 peines probatoires, soit une augmentation de 20%.

Cette semaine à la Chambre, la N-VA a critiqué cette politique, défendant l'idée selon laquelle elle entraînait un raccourcissement général des peines en Belgique, un argument balayé par la ministre. En prison également, la peine peut être raccourcie, a-t-elle rappelé.

Au sein de la famille libérale, Marie-Christine Marghel (MR) qui s'était fendue cette semaine d'une analyse particulièrement critique du bilan de la ministre, avait rappelé que le bracelet électronique, utilisé pour les peines inférieures à 3 ans, non frappées d'incarcération, ne permettait pas de diminuer la surpopulation carcérale.