Le 15 décembre 1960, Baudouin et Fabiola scellèrent leur union à Bruxelles devant Dieu mais aussi devant les hommes. Et aussi, signe des temps, ce premier mariage d’un Roi des Belges en fonction se déroula non seulement face à des milliers de courageux venus braver le froid dans les rues entre le Palais, lieu du mariage civil – sous la direction du bourgmestre de Bruxelles de l'époque, Lucien Cooremans mais avec la participation active de l'échevine de l'Etat-civil, Mérinette Van den Heuvel... - et la collégiale (pas encore cathédrale) des saints Michel et Gudule mais aussi devant de grosses grappes de téléspectateurs amassés courageusement devant les vitrines des marchands d’appareils de télévision.

Car en ce temps-là le fenestron animé n’avait pas encore envahi les salles de séjour comme aujourd’hui.

La météo n’était pas vraiment au rendez-vous pour accueillir la nouvelle Reine venue de la chaude Ibérie: ce fut une vraie journée hivernale, avant la lettre. Mais sans tomber pour autant dans les clichés faciles, les articles de l’époque rapportent que le soleil était dans les coeurs. Il est vrai que les jeunes époux y avaient mis eux aussi du leur! En effet, face au cardinal Van Roey et une solide délégation de prélats romains, les futurs époux avaient abandonné le vouvoiement solennel pour un tutoiement plus sincère et plein de fraîcheur lors de l’échange des consentements. A ce moment précis, Fabiola avait déjà conquis le coeur des Belges mais une prestation télévisée commune, plutôt rare à l’époque, allait définitivement asseoir cette entente, le soir-même du mariage. Le roi Baudouin et la reine Fabiola avaient en effet enregistré au préalable un message de remerciements à la population belge avant de partir en voyage de noces.

Son moment le plus (sur)prenant ?

Sans conteste, la prise de parole par celle qui était désormais la cinquième Reine des Belges. D’autant plus qu’elle s’adressa aussi à la majorité des Belges, les néerlandophones dans leur propre langue. “Désormais” avait dit Fabiola “mon cœur et ma vie n’appartiendront plus seulement à mon époux mais à tous les Belges”...