Le Conseil des ministres a donné vendredi son feu vert à l'engagement d'une frégate belge, le "Léopold I", au sein de la composante maritime de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), dont un officier belge va prendre durant trois mois le commandement, a annoncé le ministère de la Défense.

Les Nations Unies ont accepté le mois dernier l'offre de la Belgique de prendre durant trois mois le commandement de cette force internationale maritime (Maritime Task Force, MTF) de l'ONU avec le "Léopold I", a annoncé mercredi le ministère de la Défense. Cette tâche sera assurée du 1er mars au 31 mai prochains par le capitaine de vaisseau breveté d'état-major aviateur Thierry Pynoo, embarqué à bord du "Léopold I" avec un état-major de 22 personnes.

Sur proposition du ministre de la Défense, Pieter De Crem, le Conseil des ministres a marqué son accord à cette mission, qui débutera le 16 février par le départ de la frégate de son port de Zeebrugge.

L'équipage de la frégate comptera 160 militaires et sept participants internationaux. Le bâtiment embarquera aussi un hélicoptère "Alouette III", a précisé la Défense dans un communiqué. Deux Belges seront également mis en fonction au QG de la FINUL à Naqoura, comme chef de la cellule des opérations maritimes et comme adjoint.

La MTF croisant au large du Liban est principalement chargée de prévenir la contrebande maritime d'armes destinées au mouvement chiite libanais du Hezbollah, après la fin de la guerre qui l'a opposé à Israël durant l'été 2006. Elle fournit également une aide à la marine libanaise pour améliorer ses capacités à effectuer des missions de sécurité de manière autonome dans ses eaux territoriales.

Il s'agit principalement de "monitoring", mais cela peut aller jusqu'au "contrôle physique" d'un bâtiment suspect à la demande des autorités libanaises, avec l'envoi d'une équipe d'abordage - un acte autorisé par la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU, selon un spécialiste militaire.

La frégate F930 "Léopold I" a déjà participé en 2008 au volet naval de la FINUL. Cette participation belge à la FINUL navale s'ajoutera à la présence d'un contingent de Casques bleus belges à Tebnine (Liban-sud).

Le gouvernement a décidé début novembre de prolonger cette présence jusque fin décembre 2009 - mais avec des effectifs réduits de 335 à 216 personnes à partir de fin février. La diminution portera sur l'hôpital de campagne, dont le retrait est nécessaire pour contribuer au "groupement tactique" européen ("EU Battle Group", EUBG) dont l'armée belge prendra le commandement au second semestre 2009. Le contingent belge de la FINUL, qui associe aussi des militaires luxembourgeois, conservera des tâches de déminage et de génie.

La FINUL, créée en 1978 après l'invasion du Liban sud par les troupes israéliennes, a vu ses effectifs considérablement renforcés après le conflit qui a opposé, du 12 juillet au 14 août 2006, le Hezbollah à Israël, faisant 1.100 morts du côté libanais. Elle s'est aussi vu adjoindre une composante navale.