Les informations relatives à la situation financière de la commune de Molenbeek font la démonstration de la nécessité de rénover les administrations locales et de renforcer le contrôle démocratique dans les communes, a affirmé lundi l'échevine Ecolo Sarah Turine.

Pour la cheffe de file écologiste au sein de l'actuel collège échevinal (MR-Ecolo-cdH), il a fallu du temps à l'équipe aux commandes pour faire le point de la situation afin d'être certain de ne pas commettre d'erreur dans la manière de résoudre l'équation. "Mais au-delà de cela, il faut se demander si le contrôle existe dans les faits pour éviter qu'une commune parte à la dérive", a-t-elle commenté.

A ses yeux, dans les communes, la proximité entre le secrétaire communal et/ou le receveur communal avec le collège est parfois telle qu'elle empêche ceux-ci de tirer la sonnette d'alarme.

En ce qui concerne le nombre élevé d'engagements de personnel expliquant partiellement les dérapages observés, Mme Turine s'est également demandée si le modèle d'administration locale permettait aisément de voir ce qui se passait d'un service à l'autre.

La mandataire Ecolo a enfin jugé que les conseillers communaux étaient très faiblement outillés pour exercer un contrôle démocratique digne de ce nom dans des dossiers aussi complexes que ceux des finances.

Selon Sarah Turine, le projet de plan d'assainissement des finances molenbeekoises a été déposé à la Région et fait l'objet de réunions hebdomadaires. Le projet de budget de la commune devrait être débattu au conseil au cours des prochaines semaines.


Les FDF veulent un audit et des explications sur l'exercice de la tutelle régionale

Les FDF ont demandé lundi l'organisation d'un audit sur la gestion financière de la commune de Molenbeek et des explications sur l'exercice de la tutelle régionale au cours des dernières années.

Pour les chefs de file FDF au parlement bruxellois, Emmanuel De Bock, et au conseil communal, Michael Vossaert, il faut un audit sur la gestion financière de Molenbeek et des explications sur "l'exercice étonnant, voire laxiste" de la tutelle régionale ces dernières années. "Sauf à avoir été victime de camouflages comptables, il semble que la tutelle régionale ait été exercée de manière peu contraignante à l'égard de la commune du patron des socialistes bruxellois", a ajouté Emmanuel De Bock.

Pour lui, Molenbeek est certes une commune moins nantie que d'autres mais c'est aussi la commune la plus aidée de la Région bruxelloise à travers les mécanismes de solidarité entre les 19 communes.

Aux yeux du mandataire FDF, il ne serait pas juste que la Région éponge les dettes de Molenbeek et pas celles des autres communes. Octroyer 100 millions d'euros de prêts non-remboursables serait une véritable prime à la mauvaise gestion, alors que d'autres communes se serrent la ceinture depuis des années.


Le PTB dénonce le manque de débat sur les choix financiers de la commune

Le parti d'extrême gauche reproche par ailleurs à la majorité "la façon malhonnête de mener le débat dans la presse, et d'éviter d'aborder la question cruciale du refinancement des communes bruxelloises, qui sont sous-financées d'une façon chronique".

"Cela fait déjà la deuxième fois que les conseillers communaux de Molenbeek-Saint-Jean doivent apprendre via la presse quelle est la situation financière de leur commune. C'est une honte. Cela fait quatre mois que nous demandons ces chiffres, et la majorité refuse le débat", a déploré le conseiller communal PTB Dirk De Block, lundi soir dans un communiqué. "Le pire est que la majorité a supprimé le conseil de cette semaine, parce qu'il n'y aurait pas eu assez de points à discuter", précise-t-il.

Selon lui, la situation financière actuelle découle du manque de débat au conseil sur les choix financiers de la commune. "Cette majorité reproche à Philippe Moureaux l'opacité des finances, mais la réponse de Françoise Schepmans n'est pas mieux dans la pratique. Nous attendons toujours la première discussion au conseil, basée sur des chiffres réels", affirme Dirk De Block.

Le parti d'extrême gauche reproche par ailleurs à la majorité "la façon malhonnête de mener le débat dans la presse, et d'éviter d'aborder la question cruciale du refinancement des communes bruxelloises, qui sont sous-financées d'une façon chronique".

Selon Dirk De Block, les chiffres évoqués le sont hors contexte. "Molenbeek ne dépense pas plus de moyens pour son personnel que d'autres communes, quand on compare les dépenses par habitant. Une étude Belfius montre que l'évolution du personnel hors enseignants a suivi une progression plus lente (+0,4% par an sur la période dite "Moureaux") que les autres communes (+1,9% par an pour la moyenne régionale)", ajoute-t-il, précisant que selon cette même étude, "Molenbeek avait en 2011 un budget de 1.441 euros par habitant, alors que la moyenne régionale était de 1.710 euros par habitant".

Le PTB exhorte dès lors la majorité à "arrêter les jeux politiques" et à aborder la question du refinancement des communes.