La direction de la société de traitement de bagages à l'aéroport de Zaventem, Flightcare, a avancé de nouvelles propositions en vue de réduire la charge de travail qui pèse sur le personnel. Les syndicats présenteront la proposition avant midi à leurs membres. Si ceux-ci l'acceptent, le personnel en grève sera ensuite consulté dans l'après-midi par voie de référendum.

Les syndicats ne livrent actuellement que peu de commentaires sur cette nouvelle version. La société accepterait d'engager plus d'effectifs que ce qui avait déjà été avancé dans les précédentes propositions. Elle consentirait également à l'octroi d'une aide financière pour le personnel.

"Cela va dans la bonne direction mais le principal problème est que le personnel, en raison des précédentes promesses non tenues, n'a plus confiance en la direction", explique Thierry Vuchelen, du syndicat libéral. Si les militants syndicaux acceptent la proposition, un référendum sera organisé dans l'après-midi auprès du personnel en grève, à l'image de ce qui est prévu chez l'autre société de traitement des bagages de l'aéroport national, Aviapartner.

"Ces deux référendum pourraient d'ailleurs se dérouler en même temps et en cas d'approbation, les activités pourraient reprendre au sein de ces deux entreprises", ajoute M. Vuchelen. Le syndicat socialiste souhaite également que la proposition de Flightcare soit soumise au personnel.

Pas de problèmes à Charleroi

Le surcroît de passagers enregistré lundi, et qui se poursuit mardi, ne suscite pas de problèmes particuliers à l'aéroport de Charleroi (BSCA), indique son administrateur délégué Marcel Buelens. Le déclenchement de la grève des bagagistes au Brussels Airport a amené à dévier neuf vols à l'arrivée et neuf autres au départ vers Charleroi, lundi, ce qui représente entre 1.500 et 2.000 passagers supplémentaires, précise le responsable du BSCA.

Des autocars de navette ont été mis dans chaque cas à disposition des voyageurs, pour les acheminer vers Bruxelles ou les en ramener. Mais cet afflux n'a pas nui à la bonne marche du transport: les vols déviés vers Charleroi l'ont été en mettant à profit les heures creuses, celles où le trafic des clients habituels laisse du répit, explique Marcel Buelens. De même, ce supplément de voyageurs n'a pas nécessité l'appel à du personnel en renfort.

Mardi matin, deux avions supplémentaires sont prévus, l'un à destination de Copenhague, l'autre vers la Tchéquie. Si d'autres vols devaient être déviés vers Charleroi, au départ et/ou à l'arrivée, ils le seraient à la demande, et en tenant compte des mêmes critères de priorité accordés aux vols habituels, précise encore l'administrateur délégué du BSCA, pour qui l'aéroport carolorégien a bien absorbé lundi et absorbe bien ce mardi le surcroît de voyageurs.

Liège Airport souffre

La grève qui paralyse l'aéroport de Brussels Airport et la déviation des vols vers d'autres aéroports qu'elle entraîne obligent l'aéroport de Liège, Liège Airport, à travailler depuis deux jours à peu près 3 ou 400% de sa charge habituelle, selon le directeur d'exploitation de l'aéroport, Karl Van de Gaer. Ce qui entraîne forcément, à Liège aussi, quelques retards.

"Notre aéroport accueille en temps normal une dizaine de vols quotidiens, et nous en avons eu cinquante ce lundi", explique-t-il. "Les vols déviés de Bruxelles partent toutes les trois minutes par paquets de quinze, et c'est une charge à laquelle notre aéroport n'est pas adapté : nous avions ce lundi plus de 5.000 passagers au départ et à l'arrivée au lieu du millier habituel."

Les vols qui devaient normalement partir de Bruxelles partent finalement de Liège avec un retard d'à peu près quatre heures, selon M. Van de Gaer. Les vols prévus au départ de Liège subissent eux aussi un retard, plus léger, d'à peu près une heure. Enfin, les bagages des passagers à l'arrivée sont eux aussi récupérés avec à peu près une heure de retard, à la suite de l'encombrement de l'aéroport.

Afin d'y faire face, Liège Airport a fait appel à son personnel, dont une grande partie a accepté de faire des heures supplémentaires sur base volontaire, mais aussi à des intérimaires. "A ce rythme, nous pourrions tenir à peu près une semaine", reprend le directeur d'exploitation. "Au-delà, il faudrait prendre des mesures plus structurelles. Mais j'espère que la grève bruxelloise ne durera plus tout ce temps-là : je n'ai plus dormi depuis deux jours !".