Le Parlement wallon clarifie le dispositif prévu en matière de crémation. Vote le 9 novembre.

Que faire des cendres d’un défunt après la crémation ? En Wallonie, 15 000 personnes ont été incinérées en 2015. "Ce qui prime, c’est la volonté du défunt. S’il y a un écrit de sa part, on la respecte pourvu que le propriétaire du terrain privé accepte qu’on y disperse les cendres" , éclaire Graziana Trotta (PS), députée wallonne.

Mais tous n’expriment pas leur souhait au préalable. Après l’incinération, soit la famille décide de disperser les cendres sur la pelouse ad hoc du cimetière ; soit d’inhumer l’urne, éventuellement auprès d’un proche; soit elle choisit de la placer au columbarium ; soit elle la reprend à la maison. Le temps de réfléchir au lieu où elle aimerait disperser les cendres. Dans un jardin; sur un sentier menant au terrain de foot; auprès d’un arbre qu’il ou elle aimait.

Mais là, il y a un hic. Ou plutôt un flou juridique. "Le code stipule que la dispersion ou l’inhumation doivent se faire consécutivement à l’incinération" , poursuit Mme Trotta. Et donc dans la foulée de la crémation. Certaines communes refusent d’autoriser le passage de la conservation des cendres à domicile à une dispersion en terrain privé.

"Les arbres du souvenir"

C’est la Fondation "Les arbres du souvenir" , à Fleurus, qui a attiré l’attention sur ce problème. Cette association, qui invite à vivre le deuil autrement, a acheté onze hectares de forêt : on peut y acheter un arbre en mémoire du disparu. Les cendres des défunts peuvent aussi être dispersées ou inhumées, à titre gratuit, sur le site qui est à la fois lieu de mémoire, de promenade et d’apaisement en pleine nature. Plusieurs familles qui ont appris l’existence de ce lieu créé en octobre 2015, n’ont pas reçu le feu vert de leur commune.

Graziana Trotta et deux collègues carolos, Véronique Salvi (CDH) et Philippe Knaepen (MR) ont déposé une modification du décret wallon pour corriger le code et supprimer le terme "consécutivement" . Ce texte, approuvé mardi en commission des affaires intérieures du Parlement wallon, sera voté le 9 novembre en séance plénière.

Il impose aussi la création d’un document précisant la destination finale des cendres qui devra être rempli par les familles. Un tel dispositif permettra de réduire les abus en la matière et d’organiser une meilleure traçabilité des cendres. "Quand la famille n’a plus de lien affectif avec le défunt, ou en ont ras-le-bol de garder les cendres d’un lointain parent, elles s’en débarrassent. Il arrive qu’on retrouve des urnes en vente sur une brocante ou déposées à la décharge."

Les députés veulent aussi une urne biodégradable pour les inhumations de pleine terre, pour diminuer la pollution des sols et respecter davantage l’environnement.


L'ouverture d'un four crématoire offre parfois de surprenantes découvertes

Pour la série "Dans le secret des lieux", LaLibre.be avait réalisé un reportage dans les coulisses d'un crématorium. Comment se déroule l'incinération ? Que se passe-t-il après l'exercice des flammes ? Cet article est à (re)découvrir en cliquant ici .