A la foi-certitude de l'islam s'oppose, sans velleités agressives, la foi-espérance des chrétiens... Une autre leçon intéressante du Baromètre.

Ceux qui évoquent la sécularisation de notre société seraient donc à côté de la plaque...

C'est vrai et pas vrai à la fois. Quand on fait une stratification par appartenances religieuses, l'islam prend une place certaine dans notre environnement communautaire. C'est dans ses rangs que se situent un grand nombre de pratiquants, que l'on perçoit encore la famille comme un endroit important pour la diffusion de la foi et que l'on voit qu'il touche un grand nombre de jeunes.

Une bonne part du message est toujours transmis à partir de la cellule familiale. En fait des caractéristiques qui étaient celles hier des catholiques !

Mais il y a des différences entre l'islam et le christianisme...

Il y a trois grandes césures. La foi-certitude des musulmans se heurte à la foi-espérance des chrétiens. On construit très différemment sa croyance.

Deuxième différence fondamentale qui ressort de l'enquête : les valeurs des musulmans et celles des chrétiens ne sont pas les mêmes. Là où la foi et la spiritualité sont centrales pour l'islam, les chrétiens renvoient à l'amour et à l'amitié. La dimension relationnelle et de la quête de soi y prend une place prépondérante. Ces valeurs de référence des chrétiens sont aussi mises en avant par les athées et les agnostiques ainsi que par les croyants sans références précises...

Une autre donnée importante du baromètre est relative au lieu de la transmission des valeurs. C'est l'école...

Oui, pour les catholiques et pour les croyants sans références précises. Au contraire, pour les musulmans, la transmission doit revenir ou bien à la famille ou en tout cas à la communauté de vie privée des croyants. Alors que, chez les chrétiens, l'école n'exclut pas une certaine dimension critique, les musulmans se situent aux antipodes.

Et cela peut poser un vrai problème de société car on n'est pas à l'abri d'un choc frontal entre ce modèle quasi-républicain de l'école officielle et l'attente des musulmans.