Pouvoir interdire Sharia4Belgium, c’était une piste évoquée par le patron de la Sûreté de l’Etat, Alain Winants (voir nos éditions du mardi 27 mars). Dans son dernier rapport annuel, la Sûreté de l’Etat pointait qu’en matière d’extrémisme islamique, c’était l’émergence de groupe qui avait surtout attiré son attention. En quelques mois, Sharia4Belgium "a réussi à se hisser au rang du groupement salafiste le plus expressif présent sur territoire belge, usant d’Internet et d’activités de propagande pour professer publiquement ses idées, n’hésitant pas à intimider les hétérodoxes et à perturber l’ordre public", notait-elle.

Sa figure de proue, Fouad Belkacem - alias Abu Imran - a été condamné en 2002, 2004 et 2007 pour vols et rébellion. Plus récemment, le 10 février dernier, le tribunal correctionnel d’Anvers lui a infligé deux ans de prison pour incitation à la haine raciale ainsi que pour avoir posté sur Internet une vidéo dans laquelle il qualifiait de "peine infligée par Allah", le cancer qui avait été fatal à l’ex-parlementaire du Vlaams Belang Marie-Rose Morel. Il souhaitait le même sort à un des leaders du Vlaams Belang, Filip Dewinter et au président de la N-VA, Bart De Wever. Dans des vidéos, habillé en tenue de camouflage, il affirmait par ailleurs que le temps de la discussion entre musulmans et non-musulmans était révolu.

Mais cette peine avait été infligée par défaut. Fouad Belkacem, 29 ans, n’avait assisté à aucune des audiences de son procès. Il a fait opposition et doit donc être rejugé. Une première audience était prévue le 16 mars, mais elle a été reportée, par manque de temps, au vendredi 30 mars. Il devra y rendre compte d’autres faits. Il est cité directement par un avocat pour des propos homophobes qu’il avait tenus. L’examen des deux dossiers a été joint.