Une pirouette. C’est le terme qui convient à la porte de sortie finalement trouvée par le Parlement bruxellois pour ne pas organiser une minute de silence, vendredi en séance plénière afin de rendre hommage aux victimes du génocide qui frappa le peuple arménien il y a cent ans. Cette idée était avancée par Ecolo afin de marquer le coup. “On l’a fait pour Charlie et pour d’autres événements dramatiques”, témoigne la députée verte Zoé Genot, attristée de voir sa proposition dénaturée.

Au départ en effet, un relatif consensus s’était constitué autour de l’idée de permettre au parlement régional dans son ensemble de commémorer ce triste épisode de l’histoire. C’était sans compter un lobby socialiste effréné, déployé pour que les députés d’origine turque éventuellement allergiques au terme “génocide” n’aient pas à pratiquer une ostensible politique de la chaise vide au moment de la minute de silence.

Finalement les chefs de groupes des partis représentés dans l’hémicycle sont invités, vendredi, à déposer, ensemble, une gerbe de fleurs au monument bruxellois érigé en mémoire du génocide, un terme qui, pour rappel, est toujours rejeté par les autorités turques. C’est ce qu’a décidé mercredi le bureau du Parlement, dont le président socialiste, Charles Picqué, soutenait pourtant l’idée d’une minute de silence, indique Ecolo. Il a très diplomatiquement changé d’avis. Et fut suivi par la majorité PS-FDF-CDH ainsi que par l'opposition MR.


Le PS bruxellois : "ça ne s'est pas passé comme ça"

Par la voix de sa porte-parole, le groupe PS au Parlement bruxellois dément avoir exercé une quelconque pression afin d'empêcher une minute de silence dans l’hémicycle bruxellois, ce qu'affirment d'autres sources parlementaires. "Ca ne s'est pas du tout passé comme ça", affirme-t-elle. 

Le PS explique que lors de la première discussion sur le sujet, intervenue lundi, le Parti Socialiste a évoqué le naufrage qui a coûté la vie à plusieurs centaines de migrants en Méditerrannée. Un drame qui mériterait lui aussi que les députés observent une minute de silence, est-il apparu. Devant les réticences du FDF et pouvant difficilement organiser deux minutes de silence lors de la même séance plénière du Parlement, le bureau a opté mercredi pour la formule du dépôt de fleurs en hommage aux victimes du génocide et de l'envoi d'un courrier officiel au Parlement européen pour lui signifier son inquiétude quant au problème de la migration. 

"Sans ce drame en mer, la minute de silence aurait eu lieu en hommage au génocide arménien et nos élus d'origine turque seraient venus, je vous l'assure", poursuit la porte-parole du groupe PS. Elle rappelle que son parti avait reconnu en son temps la reconnaissance du génocide arménien par le Sénat.