Le parlement bruxellois a observé vendredi matin une minute de silence pour permettre à chaque parlementaire de rendre hommage aux victimes du génocide arménien et/ou aux migrants, victimes de naufrages en mer Méditerranée.

Le président de l'assemblée, Charles Picqué, a proposé aux députés présents de le faire pour mettre fin à la polémique née cette semaine dans les couloirs du parlement, certains ayant soupçonné le PS d'avoir usé d'un stratagème pour ne pas exposer certains élus dans ses rangs à prendre part à un hommage alors que l'État turc n'a jusqu'ici jamais reconnu l'existence d'un génocide du peuple arménien il y a un siècle.

M. Picqué a annoncé qu'étaient maintenues les deux initiatives décidées au sein du bureau de l'assemblée, à savoir le dépôt d'une gerbe de fleur, par lui-même et les membres du bureau qui le souhaitent au pied du monument érigé à la mémoire des victimes du génocide arménien, et par ailleurs l'envoi d'une lettre aux présidents de la Commission, du Conseil et du Parlement européens pour faire part de la solidarité des députés bruxellois avec toute initiative positive à l'égard des naufragés.

La cheffe du groupe Ecolo, Zoé Genot, s'était indignée en milieu de semaine du refus du bureau de suivre sa demande d'organiser une minute de silence en hommage des victimes du génocide arménien, perpétré il y a cent ans cette année.

Le chef du groupe FDF, Emmanuel De Bock, dont la formation est dans la majorité, avait affirmé qu'il avait soutenu cette demande. Non sans provoquer des grincements de dents chez son partenaire socialiste, il avait notamment affirmé que le PS tenait dans ses rangs "les plus fervents négationnistes par rapport à la reconnaissance du génocide arménien".

Vendredi, M. Picqué a souligné qu'il importait davantage d'honorer un drame que de polémiquer. "Je veux clore ces incidents" alimentés par des "émois sincères", mais aussi par des "litiges de nature politique qui le sont moins", a-t-il commenté.