Belgique

En autorisant une de ses représentantes à siéger au parlement en portant le foulard, le cdH accepte d'y réintroduire le religieux, revenant quelque 40 ans en arrière, a affirmé lundi matin le chef de file du MR bruxelloise Didier Gosuin, à l'agence Belga. Il n'est pas question de stigmatiser une personne et/ou une catégorie de personnes, ni d'ouvrir un débat précipité sur cette question, ajoute-t-il.

Parmi les élus du parlement bruxellois appelés à y prêter serment, mardi matin, Mahinur Özdemir, une jeune femme âgée de 26 ans, affichant ses convictions religieuses, fera sa première entrée dans l'hémicycle de l'assemblée régionale. Elle siège depuis 3 ans au conseil communal de Schaerbeek en portant le voile et ne compte pas renoncer à ce signe de croyance en pénétrant mardi dans l'ancien Palais provincial du Brabant qui abrite le parlement bruxellois. A l'occasion de cette première dans un parlement en Belgique, voire en Europe, le député fédéral Denis Ducarme et le député régional Philippe Pivin (MR) ont annoncé le dépôt de propositions de modification de règlement de leurs assemblées parlementaires respectives pour y faire interdire le port de signes religieux ou philosophiques distinctifs.

Intervenant lundi matin dans la polémique naissante, le chef de file du MR bruxellois, Didier Gosuin, a souligné que la question du port du foulard avait été posée au sein du MR. "Le Mouvement réformateur ne s'oppose pas à un débat serein à ce sujet. Mais comme l'a souligné le directeur du Centre pour l'Egalité des chances, cela ne peut avoir lieu dans la précipitation", a-t-il averti.

Aux yeux de Didier Gosuin, il n'est pas question de stigmatiser l'attitude d'une personne, en l'occurrence Mme Mahinur Özdemir, ni d'une catégorie de personnes. Par contre, le cdH porte une grande responsabilité dans la réintroduction du poids du religieux au parlement, estime-t-il. Pour le député-bourgmestre, "si par essence, le parlement n'est pas un lieu de neutralité politique, le cdH semble prêt à y réintroduire la carte du spirituel, revenant 40 ans en arrière lorsque le religieux exerçait une influence sur le politique".

Didier Gosuin a dit traduire en cela la position de tout le MR, notamment après en avoir parlé avec les principaux ténors du parti, MM. Didier Reynders, Louis Michel et Olivier Maingain.