La journée de lundi aura été chaotique pour les 25 000 passagers qui se sont rendus à Brussels Airport avec des retards pour la plupart des vols et quelques avions qui n'ont pas pu décoller. En cause : la grève sauvage déclenchée dimanche soir par le personnel de pistes d'Aviapartner suivie peu de temps après "par solidarité" par les ouvriers de Flightcare, l'autre société de traitement de bagages active à Zaventem.

Les griefs des grévistes sont de plusieurs ordres : cela va du non respect des lois sociales (en particulier pour le personnel à temps partiel) à des rémunérations insuffisantes en passant par des effectifs insuffisants. "Le personnel d'Aviapartner se plaint depuis des années de la surcharge de travail. La direction n'a donné aucune réponse alors la grève a éclaté", a expliqué Rik Vermeersch de la FGTB.

Le personnel de la société d'assistance en escale Aviapartner a rejeté hier soir le nouveau pré-accord conclu un peu plus tôt entre la direction et les syndicats, a-t-on appris de source syndicale. "J'ai appris la nouvelle de mes délégués", a affirmé le secrétaire de la CSC Transcom, Kurt Callaerts, alors qu'il négociait chez Flightcare. M. Callaerts a ajouté qu'il ignorait encore les raisons du rejet du pré-accord entre la direction et les syndicats d'Aviapartner. Selon lui, les négociations chez Flightcare sont encore plus difficiles que chez Aviapartner. " La direction a fait au cours de la journée une proposition qui était inacceptable pour nous. Nous avons mis nos exigences sur la table et l'entreprise a fait une contre-proposition, qui était encore insuffisante", a ajouté le responsable de la CSC Transcom. Selon lui, les négociations se poursuivent mais une journée supplémentaire devrait être nécessaire pour trouver un accord définitif.

En attendant, les deux sociétés de traitement de bagages ne cachaient pas leur stupéfaction. Pour les directions : soit les discussions avec les syndicats avaient abouti à un accord; soit elles devaient avoir lieu en septembre. "Nous déplorons que cette action ait éclaté sans préavis. On prend les passagers en otages", soulignait hier une porte-parole d'Aviapartner. "Nous sommes très surpris par cette grève car elle ne respecte pas les règles habituelles du dialogue social. Nous avons tout mis en oeuvre pour que les avions puissent décoller", nous a également expliqué Brieuc Meeus, le patron de Flighthcare. Et de fait, ils auront été nombreux, tant des sociétés visées par la grève que des compagnies aériennes ou des tours opérateurs, à retrousser leurs manches pour mettre les valises dans les soutes à bagages. C'est cette mobilisation générale et d'autres initiatives (comme les vols détournés à Ostende, Liège voire Charleroi) qui ont permis de limiter la casse.

Cette grève sauvage aura aussi suscité des réactions courroucées notamment de l'association des agences de voyages flamandes. La VVR (Vereniging Vlaamse Reisbureaus) estime "très graves" les actions syndicales menées lundi à l'aéroport de Brussels Airport. La VVR réclame à nouveau l'instauration d'un service minimum. "C'est très grave de prendre en otages des gens qui ont épargné toute l'année pour s'offrir des vacances", a déclaré Antoon Van Eeckhout, porte-parole de la VVR. L'association a déjà par le passé porté plainte contre les actions syndicales et traduit les syndicats devant le tribunal. Une action semble impossible dans le cas de cette grève. "On peut le faire uniquement si des travailleurs volontaires sont empêchés de se rendre au travail. Ce n'est pas le cas aujourd'hui", a-t-il souligné.

Lundi matin, le secrétaire d'Etat à la Mobilité Etienne Schouppe (CD&V) a déploré, dans un communiqué, la "grève sauvage" qui touche les sociétés de traitement des bagages à Brussels Airport. Il a aussi déploré les conséquences néfastes pour les passagers.