Le bourgmestre de la capitale veut remettre les points sur les "i" et parle de revanche.

Le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur, a réagi fermement aux accusations du SLFP Police. Des membres du syndicat affirment ce samedi que le bourgmestre a interdit l'intervention des policiers pour aller aider leurs collègues blessés (le dernier bilan provisoire fait état de 111 policiers blessés). Des accusations démenties haut et fort par le principal intéressé que LalIbre.be a contacté. "Je n'aurais pas pu interdire ce que l'on ne m'a pas demandé." assure-t-il.

"Le SLFP ment quand il dit que je n'ai pas donné les moyens suffisants ou que j'ai interdit une intervention. C'est totalement faux. C'est une honte. C'est de la diffamation et de la manipulation. Le SLFP ment aux policiers, à l'opinion publique et aux médias".

Mais face à cette réaction du bourgmestre de Bruxelles, la CSC, par la voix de son délégué permanent Services publics, Stéphane Deldicque, corrobore la version du SLFP Police en accusant Yvan Mayeur "d’abstention coupable". Le délégué syndical estime que le bourgmestre "est à court d'argument".

Yvan Mayeur rappelle qu'il n'avait pas son mot à dire dans les événements qui se sont déroulés sur le terrain. "Le bourgmestre n'est pas en charge du maintien de l'ordre sur le terrain. C'est le chef de corps qui est en charge de l'opérationnalité. Si même il y avait eu l'interdiction dont il parle, elle ne pouvait pas émaner de moi puisque cela ne relève pas de ma compétence. (...) J'ai répondu oui immédiatement à toutes les demandes que le chef opérationnel m'a formulées. C'est le chef de corps qui me demande les outils et les moyens dont il a besoin quand il passe un certain seuil. Lorsqu'il m'a appelé pour utiliser l’arroseuse, pour utiliser les gaz et pour arrêter les personnes, j'ai systématiquement dit oui. Ça ne se passe pas comme ils le disent. C'est du mensonge éhonté. Leur nouveau délégué à la ville de Bruxelles est l’ancien directeur du maintien de l'ordre. Ils mentent et ils le savent."

Le bourgmestre voit en ces accusations une revanche sur sa politique menée en matière de sécurité dans la capitale. "Depuis le début, ils ont quelque chose contre moi. J'ai dénoncé des bavures et malheureusement, certaines provenaient de leurs affiliés. Ils sont contre ma politique de proximité. Je veux revaloriser le statut du policier aussi sur le plan local. Ils sont hostiles à ma politique. Ce sont des gens qui n'aiment pas que je dénonce les mauvais agissements de leurs membres et que je veuille remettre de l'ordre dans la police!".

Quant à sa présence le jour de la manifestation, jeudi dernier, Yvan Mayeur explique avoir été présent en tant que bourgmestre de la ville et affirme ne pas avoir participé au cortège. "C'est mon rôle de voir comment les choses se passent" , a commenté le socialiste.

De nouvelles mesures à l'avenir

La gestion de la manifestation a été préalablement décidée sur base d'un accord entre les organisations syndicales, leurs services de maintien de l'ordre, la police et les autorités administratives.

Yvan Mayeur voit une réussite dans la circonscription des violences hors de la manifestation et envisage des pistes à discuter avec les autorités compétentes. "A l'avenir, je pense que la gestion pourrait notamment passer par des mesures préventives, par exemple en interdisant à des gens ivres ou autres de se rendre à une manifestation."


La police de Bruxelles-Ixelles clarifie sa gestion de la manifestation

Le chef de corps de la police de Bruxelles-Ixelles Guido Van Weymersch a clarifié samedi par communiqué le déroulement de la manifestation nationale de jeudi, à la suite des articles parus dans la presse. Sur proposition de la police, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Yvan Mayeur a donné comme directives pour que la manifestation se déroule paisiblement d'opter pour un dispositif discret et une intervention policière en cas d'incidents graves ou au cas où les manifestants quitteraient l'itinéraire convenu. Lors des premiers incidents à hauteur de l'avenue Fonsny, il a été décidé de ne pas intervenir immédiatement, étant donné que des dizaines de milliers de personnes défilaient, elles, calmement sur le parcours prévu, boulevard du Midi.

Pour les services de police, la priorité était d'éviter que les fauteurs de troubles ne se mélangent aux manifestants paisibles. Au moment où une unité de police isolée se trouvait en difficulté, les renforts nécessaires ont été déployés sur le champ. Il a également été décidé de retirer temporairement les unités de police pour éviter de devoir refouler les fauteurs de troubles dans la masse des manifestants, ce qui aurait risqué de blesser des personnes pacifiques. La consigne d'utiliser le gaz et les autopompes a été donnée afin de créer une distance entre les services de police et les perturbateurs.

Dès la fin du cortège, il y a eu ordre de disperser les fauteurs de troubles et de procéder à des arrestations. Entre-temps, les différents services de police concernés, en étroite collaboration avec le parquet de Bruxelles, ont commencé à identifier des auteurs en vue de pouvoir les poursuivre. Un débriefing a ensuite eu lieu entre les zones de police et les autorités administratives, précise le chef de corps.