L'entreprise pharmaceutique GSK a suivi la procédure légale en informant immédiatement les autorités locales, régionales, provinciales et fédérales dès que la fuite de 45 litres de liquide contaminé par le virus polio a été constatée, a réagi samedi Pascal Lizin, directeur des Affaires gouvernementales chez GSK. "Après avoir informé les autorités compétentes, des analyses ont été effectuées pour évaluer la concentration du virus dans l'eau et déterminer les conséquences potentielles ainsi que le risque éventuel", ce qui a pris plusieurs jours, explique-t-il. "Ce travail d'analyse s'est fait en toute transparence."

Le site GSK de Rixensart a rejeté mardi 45 litres de liquide contaminé vers la station d'épuration de Rosières. "La direction de la station d'épuration a été directement avertie. Le personnel qui aurait pu être en contact avec le liquide a été tout de suite pris en charge par des médecins et vacciné", insiste M. Lizin.

Le déversement de liquide contaminé est lié à une erreur humaine lors de la décontamination d'une cuve. "Normalement, la décontamination se fait automatiquement, mais exceptionnellement cette fois-ci, elle a été faite manuellement et une erreur a été commise par un de nos opérateurs", précise M. Lizin. "Les autorités publiques sont attendues lundi sur notre site pour analyser l'incident. De notre côté, nous allons multiplier les mesures pour écarter tout autre incident à l'avenir."

GSK, à l'instar de l'Institut de Scientifique de Santé Publique et le Conseil Supérieur de la Santé, insiste sur le risque mineur de cette contamination pour la population, en raison de la haute dilution du liquide contaminé dans des centaines de milliers de litres d'eau et du taux quasi total de vaccination contre la polio en Belgique. La station d'épuration de Rosières ne rejette par ailleurs pas son eau vers le réseau d'approvisionnement en eau potable.

Un plan d'action a néanmoins été mis sur pied, et des prélèvements de boue et d'eau sont notamment prévus à l'avenir, pour suivre la persistance du virus. Il est conseillé à la population d'éviter tout contact avec l'eau en aval de la station d'épuration de Rosières, jusqu'à la confluence de la Lasne avec la Dyle.

Le ministre Di Antonio attend un rapport "précis" 

Le ministre wallon de l'Environnement Carlo Di Antonio a demandé aux services publics de police et contrôle, aux gestionnaires de la station d'épuration de Rosières et à l'entreprise GSK de lui présenter lundi "un rapport précis de l'accident qui est intervenu cette semaine à Rixensart", annonce-t-il samedi dans un communiqué. Une réunion est également prévue à son cabinet lundi matin. "A l'heure actuelle, les analyses réalisées par le Service SOS Environnement-Nature du Service Public de Wallonie rapportent que les conséquences pour la faune et la flore sont nulles. D'autre part, les autorités fédérales compétentes en matière de Santé publique confirment qu'il n'existe pas de risque de santé publique pour la population", souligne le ministre.

Carlo Di Antonio souhaite cependant que "les responsables de l'incident puissent faire le point sur leurs procédures et y apporter toutes les améliorations nécessaires de manière à ce qu'un événement de la sorte ne puisse plus se reproduire."

Par mesure de précaution, des échantillons de boues et d'eaux de la station d'épuration, de la Lasne et de la Dyle seront prélevés afin de permettre d'évaluer la persistance du virus. "Contrairement à l'usage habituel, les boues sortant de la station d'épuration ne pourront être utilisées à des fins agricoles et seront incinérées à haute température", ajoute M. Di Antonio.