Guy Mathot est né le 26 avril 1941 à Saint-Severin (Nandrin). Ce licencié en sciences biologiques de l'Université de Liège a commencé sa carrière en 1965 au cabinet de Fernand Dehousse, ministre de l'Education nationale de l'époque. Il est ensuite entré au cabinet de Freddy Terwagne, ministre des Relations communautaires, dont il sera le secrétaire particulier.

Guy Mathot est devenu secrétaire national du Parti socialiste belge en 1968, à l'âge de 27 ans, fonction qu'il a occupée jusqu'en 1972.

Dès 1971, il est élu député et devient ministre des Travaux publics et des Affaires wallonnes en juin 1977 dans le gouvernement Tindemans. Il obtient ensuite successivement le portefeuille de l'Education nationale en 1980, ceux de l'Intérieur et du Budget de 1980 à 1981 et devient vice-Premier ministre et ministre du Budget en 1981.

Guy Mathot a également été pendant plusieurs décennies l'une des figures de proue de la fédération liégeoise du PS. Comme nombre d'autres hommes politiques socialistes, il entretint des rapports parfois difficiles avec l'homme fort de cette fédération, André Cools, assassiné en 1991.

En 1970, il est devenu bourgmestre de Seraing, l'un des bastions rouges de la périphérie liégeoise, qui abrite une partie des installations de l'usine sidérurgique Cockerill.

En 1988, il renonce à son mandat de bourgmestre, les statuts du parti socialiste interdisant de cumuler des fonctions mayorales et un mandat de sénateur provincial qu'il obtient après les élections du 13 décembre 1987. Il est élu sénateur aux élections du 24 novembre 1991.

En juin 1992, ce régionaliste convaincu devient ministre des Affaires intérieures, des pouvoirs locaux et des travaux subsidiés dans le gouvernement wallon présidé par l'ancien président du PS, Guy Spitaels. Il démissionne de son poste ministériel et de son mandat de sénateur le 21 janvier 1994, une semaine après que la Commission de la Justice du Sénat ait levé partiellement son immunité parlementaire à la suite de la requête du juge Ancia dans le cadre du dossier des hélicoptères Agusta.

A la suite de cette levée d'immunité et des devoirs d'enquête que la Commission avait autorisés, Guy Mathot est inculpé de corruption passive en mai 1994, notamment sur base d'un téléfax de l'ancien directeur d'Agusta, Ricardo Baldini, saisi au siège d'Agusta-Belgique. Ce téléfax, rédigé 5 mois avant la conclusion du marché, portait sur un projet de versement de commissions entre Agusta ou son représentant (MCA Tronix dirigé par Georges Cywie) et une société belge de couverture, Cardon. Il précisait que «M. Mathot était la personne avec qui il fallait traiter ».

Guy Mathot a toujours rejeté les présomptions qui pèsent contre lui et réfuté les témoignages le mettant en cause dans le dossier de la firme italienne Agusta. En 1998, il sera blanchi. Son nom n'est pas repris dans la listes des personnalités politiques citées à comparaître devant la Cour de cassation.

Ce n'est pas la première fois que le nom du bourgmestre de Seraing est cité en marge de dossiers judiciaires: une affaire de faux tableaux (surnommée le scandale du Gotha) où des proches de Guy Mathot étaient impliqués, l'affaire du circuit de Francorchamps, dans laquelle la Cour des Comptes dénonca certains abus, alors que Guy Mathot était ministre des Travaux Publics et enfin en 1984, la tentative d'escroquerie organisée autour du rachat de la raffinerie de Feluy, une affaire dans laquelle une amie de Guy Mathot, Eliane Van Vreckom, avait tenté de négocier un faux chèque au porteur de 10 millions de dollars.

En 2000, Guy Mathot est redevenu bourgmestre de Seraing et en 2003, il est élu à la présidence de la fédération liégeoise du PS dont il est chargé d'assurer la rénovation. Il s'est également impliqué, notamment avec Michel Daerden, dans le redéploiement économique de la région liégeoise après l'annonce de la fermeture de la ligne à chaud de Cockerill par le groupe Arcelor.

Guy Mathot est le papa du député fédéral, Alain Mathot, âgé de 32 ans. Ce dernier était Conseiller communal à Flémalle mais a récemment annoncé son déménagement à Seraing, pour pouvoir succéder à son papa lors des prochaines élections communales.

Rejoint depuis plusieurs mois par la maladie, Guy Mathot est décédé lundi après-midi à l'hôpital de la Citadelle, à Liège.