entretien

Psychiatre judiciaire à l'Universitair psychiatrisch Centrum Sint-Kamillus de Bierbeek, le Dr Rudy Verelst a accepté de répondre à nos questions, tout en précisant qu'il n'avait pas eu connaissance du contenu du dossier.

Comment peut-on définir la schizophrénie ?

Il s'agit d'une maladie psychiatrie dont l'étiologie se trouve probablement dans un substrat biologique. Si l'on pense que l'on naît avec une certaine probabilité de développer la maladie, celle-ci se manifeste la plupart du temps suite à des stress. Dans la majorité des cas, la pathologie apparaît chez des personnes jeunes, de la fin de l'adolescence au début de l'âge adulte. On ne parle généralement pas de guérison, mais plutôt de rémission. Certains traitements permettent en effet de contrôler les symptômes afin que le patient retrouve une certaine stabilité.

Il existe six ou sept formes de la maladie, dont la plus répandue est le type paranoïaque. C'est probablement à cette catégorie que pourrait appartenir le genre de profil de ce jeune homme. Une autre forme est dite "désorganisée".

Quels sont les signes qui permettent de poser un diagnostic de schizophrénie ?

Lorsque le patient se trouve dans un état psychotique, le diagnostic peut être plus facilement posé. On distingue deux grands groupes de symptômes. D'une part, les symptômes positifs qui sont présents chez le patient schizophrène et absents chez une personne normale. Ces patients souffrent d'hallucinations, de délires, ils entendent des voix,... Sauf simulation, ces symptômes sont faciles à détecter pour autant que l'on puisse observer ces personnes pendant un certain temps. D'autre part, il y a les symptômes négatifs : langage plus pauvre, problème de comportement moteur, présence de tics, troubles de la communication...

Tous ces symptômes auraient pu être observés avant le drame que l'on connaît...

Oui, si les experts ont questionné des membres de l'entourage sur le comportement de Léopold Storme avant le crime, certains de ces symptômes auraient en effet dû être décrits.

Peut-on imaginer une erreur de diagnostic ?

C'est toujours possible. Mais si la personne a été observée pendant son incarcération et si l'on s'est bien renseigné sur sa vie avant le délit, il doit être possible de constater de telles anormalités du comportement. En outre, on dispose de tests psychologiques approfondis qui permettent de voir si une personne a une structure de type psychotique. Quand on rassemble tous ces éléments, le risque de se tromper reste faible. Mais la psychiatrie n'est pas une science exacte. Il est toujours possible de ne pas poser le bon diagnostic.