La ministre est attaquée par VLD et CD&V pour ses propos sur l’accueil des enfants de pauvres.

Des propos de la ministre flamande N-VA Liesbeth Homans sur l’accès aux crèches des enfants de chômeurs ont suscité le malaise de ses partenaires de coalition CD&V et Open VLD, qui sont allés lundi jusqu’à demander un débat d’actualité mercredi au Parlement flamand.

Dans l’hebdomadaire gratuit "De Zondag", Liesbeth Homans revenait ce week-end sur sa vision de l’accueil de la petite enfance : l’accueil subventionné doit servir "en premier lieu aux personnes qui vont travailler, celles donc qui contribuent au maintien de notre système social". Quant aux enfants qui grandissent dans la pauvreté, il est certes préférable qu’ils aillent dans des structures d’accueil, "mais pour eux, les pouvoirs publics peuvent développer d’autres solutions", a-t-elle ajouté. Et de citer des communes qui organisent, dans le cadre de leur politique d’action sociale, un accueil bon marché pour les enfants dans la précarité.

Volée de bois vert

Ces propos ont suscité les réactions courroucées de l’opposition SP.A et Groen, qui parlent de ségrégation. Mais dans la majorité aussi, on a entendu ce lundi des grincements de dents. Le ministre du Bien-être Jo Vandeurzen (CD&V) a dû se prononcer. Il a souligné que l’accueil de la petite enfance, à côté du fait qu’il améliorait le taux d’emploi, avait "une fonction sociale au moins aussi importante". Pour améliorer cette politique, "nous donnons une priorité absolue aux parents qui travaillent et suivent une formation professionnelle ciblée, et nous assurons l’accès aux enfants qui vivent dans des familles fragilisées", a-t-il précisé.

Sur Twitter, le député flamand Matthias De Clercq (Open VLD) a eu des mots plus durs : "Un enfant est un enfant. Aucun enfant, de quelque origine soit-il, ne mérite la stigmatisation, l’apartheid ou la ségrégation."

Le groupe CD&V au Parlement flamand a réclamé la tenue d’un débat d’actualité mercredi sur cette polémique. L’Open VLD l’a rejoint. De son côté, Liesbeth Homans a réfuté avoir plaidé pour une séparation de l’accueil de la petite enfance. Elle a assuré qu’il fallait prévoir des places en suffisance pour les enfants des non-travailleurs, mais certainement aussi pour les enfants des travailleurs. "Comment peut-on interpréter cela comme un plaidoyer pour des circuits séparés d’accueil de la petite enfance ?" s’est-elle insurgée. La polémique surgit alors que les partis flamands de la majorité fédérale sont à couteaux tirés.