Le Mouvement pour les Droits Fondamentaux (MDF) réclame "un message clair" sur la question du port du voile, annonce La Dernière Heure.

“On veut que la ministre en charge de l’Enseignement légifère sur cette question”, indique l’une des membres de ce mouvement en charge de la communication – qui n’a pas souhaité décliner son identité – et qui s’appuie sur “une proposition juridique de résolution définitive de la question du port du foulard dans l’enseignement officiel de la Communauté française”, rédigée par neutralité.be.

Pour ce faire, le MDF invite “tout le monde, filles et garçons, portant le foulard habituellement ou pas, à aller à l’école ce jour-là avec un foulard”.

L’objectif : lancer ce débat dans et en dehors de l’école. “Ce n’est pas normal que des directions interdisent le port du voile, dans un pays de Droit, en dépit de la Constitution et de la Convention européenne des Droits de l’Homme”, affirme notre interlocutrice. Qui poursuit : “Souvent, ces jeunes filles sont issues de milieux socio-économiques difficiles. Le seul moyen de sortir de cette mi sère sociale, c’est l’école. On les en empêche, en leur interdisant l’accès à l’école avec leur voile.”

Une idée résumée dans l’un de leurs slogans, “Le foulard, c’est mon choix. L’école, c’est mon droit”, inscrit comme d’autres sur des pancartes que brandissent des jeunes filles – voilées et non-voilées – dans une vidéo publiée sur Internet; un “spot publicitaire pour l’action du 6 septembre”.

Son déroulement est décrit comme tel sur le blog du mouvement : “Il faut que toutes les filles qui souhaitent participer à l’action se coordonnent par école. Que chaque groupe choisisse une responsable pour son école, personne avec laquelle la direction s’entretiendra. Il faut se montrer le moins hostile possible, le plus pacifiste possible tout en étant ferme. En effet, pour une première étape d’action dans les écoles, il faut montrer que c’est vous qui souhaitez la discussion et qu’eux sont les oppresseurs. […] Si vous voyez que la direction refuse de céder, alors entrez quand même en cours sans votre foulard et continuez l’action à l’intérieur de l’école, sans foulard.”

Le MDF existe depuis trois ans et a mené deux autres manifestations pour faire entendre cette revendication. Ce mouvement clairement militant aux contours nébuleux se veut, en tout cas officiellement, ouvert aux autres confessions. Difficile de mesurer l’implication et le retentissement de l’action de ce jeudi; la communication autour de cet événement ayant été cantonnée aux réseaux sociaux et peu cadrée.

Reste que malgré le flou qui l’entoure, il risque – mais rien n’est moins sûr – de remettre au centre du débat une question qui a toujours été évacuée par la classe politique.