Le patron de la Sûreté relève que le problème se pose surtout du côté francophone.

Près de 5 % des détenus incarcérés dans les prisons belges sont considérés par la Sûreté de l’Etat comme présentant un problème de radicalisation, peut-on extrapoler à partir des chiffres donnés mercredi par l’administrateur général de la Sûreté de l’Etat.

Invité par la Commission attentats, Jaak Raes a expliqué que la radicalisation en prison était particulièrement suivie par ses services. Dix personnes s’en occupent. Il n’y en avait que deux en 2015.

Les prisons comptent environ 160 détenus pour terrorisme proprement dit, inculpés en préventive et condamnés confondus. Parmi ceux-ci, on comptait 33 personnes rentrées de Syrie, selon un décompte réalisé à la fin du mois d’août 2016.

Vingt djihadistes prêts à rentrer

Ce nombre pourrait augmenter : la Sûreté est informée d’une vingtaine de Belges prêts à rentrer de Syrie ou d’Irak. La situation de plus en plus critique sur place encourage certains à chercher une porte de sortie. Il s’agira de ne pas les manquer au retour, prévient M. Raes.

A côté des 160 détenus incarcérés pour terrorisme, il y a les détenus pour d’autres faits qui se radicalisent. On arrive ainsi à un total de 450 personnes radicalisées.

"Ce qui nous frappe, c’est que ce sont surtout les prisons francophones qui sont concernées", relève M. Raes. La Sûreté a constaté que ces radicalisés tentent de prendre contact avec d’autres détenus qui pourraient les aider, une fois sortis de prison, à se procurer armes ou faux papiers.

Vingt-trois détenus pour terrorisme sont incarcérés dans les ailes D-Rad Ex des prisons d’Ittre et de Hasselt, réservées aux détenus dont on estime qu’ils pourraient contaminer les autres détenus. Ils doivent être complètement isolés des autres.

Mais, selon M. Raes, cela ne fonctionne pas véritablement : "Ils sont incroyablement créatifs - ils ont beaucoup de temps pour réfléchir - pour mettre en place des systèmes alternatifs de communication. Il ne faut pas s’imaginer qu’il n’y aurait aucun contact", a relevé le patron de la Sûreté.

La façon dont les prisons sont construites est l’un des problèmes. La nuit, les prisonniers peuvent crier d’une aile à l’autre dans une langue inconnue des gardiens.