Un soir, du côté d’Egisheim, en Alsace, la promenade s’était prolongée au-delà de la tombée de la nuit. Nathalie Maupin et Rudi Vervoort décident alors de se marier. Près de deux ans après son union avec le désormais ministre-Président Bruxellois, Madame Vervoort rencontre "La Libre" autour d’un repas, chez Cook&Book à Woluwe-Saint-Lambert - un endroit qu’elle affectionne - pour nous parler de sa vie avec "son" homme politique. Agée de 35 ans, elle transpire littéralement le bonheur conjugal. "C’est un homme très amoureux", confie-t-elle. Elle qui ne "conçoit pas la vie amoureuse autrement". "C’est une grande chance", poursuit Nathalie nourrissant aussi beaucoup d’admiration pour son mari. "C’est un homme intelligent, cultivé - à tous les niveaux. Et surtout, c’est un optimiste. Et moi qui suis de nature plutôt pessimiste, je pense qu’on a besoin aujourd’hui de personnes comme cela."

Nathalie Maupin est comptable au CPAS d’Evere, et c’est naturellement là que la rencontre a eu lieu puisque Rudi Vervoort est le bourgmestre de cette commune bruxelloise depuis une quinzaine d’années. "Je savais donc ce qui m’attendait, confie d’emblée Mme Vervoort. La politique, il était déjà bien dedans en tant que bourgmestre et député. Quand il est devenu ministre-Président, nous le savions depuis un certain temps. Et sa vie politique ne pose aucun problème vu que c’est un choix qui a été fait au début de la relation. Je l’accepte et je le partage à de nombreuses occasions. On fonctionne comme une équipe : de mon côté comme du sien, pour les projets professionnels, rien n’est imposé, l’un soutient toujours l’autre. C’est d’ailleurs ce qui fait que notre couple fonctionne vraiment bien, on parle énormément. Rudi est un homme ouvert qui n’impose jamais rien."

Comme pour nombre de couples très sollicités par leur vie professionnelle, la stabilité passe par la sauvegarde de moments "à deux" ou en famille. "Cela a fait partie de la discussion de départ, confirme-t-elle . Il y a une sphère publique et une sphère privée. Nos moments programmés à deux sont intouchables, inviolables…" Pour autant, la vie d’épouse d’homme politique implique également des sacrifices. "Quand il y a gouvernement le jeudi, il y a gouvernement. Point. Quand les anniversaires tombent au moment d’un G9 (la réunion des ténors socialistes) ou d’un conclave budgétaire, l’activité politique passe avant. Mais je me dis que ces mandats ne sont qu’un petit moment dans une vie. Après tout cela, on aura encore un pan de vie à vivre par la suite. J’y pense aussi. La politique est la passion de Rudi, elle participe à son bonheur et donc au mien aussi… Mes bonheurs à moi, ce sont la famille et mon mari. Et quand on est bien chez soi on est bien partout."

La médiatisation intrinsèquement liée à une fonction politique telle que la ministre-Présidence d’une Région peut être considérée comme une contrainte, voire comme quelque chose de pesant pour l’entourage. Pas pour elle. "Au contraire, cela ne me pose aucun problème, assure-t-elle. Je suis même ravie qu’on ait de plus en plus l’occasion, via les médias, de voir qui est mon mari. Moi je le connais bien et s’il est aussi dévoué et efficace ce n’est pas pour rien. Nous sommes là pour servir un idéal et un homme. Je suis ravie qu’on voit qui est Rudi, en fait, je veux vraiment que l’on sache qui il est". Elle qui admet ne s’être pas plus intéressée "que tout le monde" à la politique, y prend tout doucement goût. "Oui, il y a des contacts privilégiés qui vous font découvrir des choses intéressantes. On est plus au fait des choses. On rencontre des personnes de tous horizons, on vit des expériences que peu de gens on l’occasion de vivre. Je le perçois comme une chance".

Une vie qui nourrit assez naturellement les conversations familiales. Avec une influence sur l’action du ministre-président bruxellois ? "J’aime à le penser, répond Nathalie Maupin en souriant. Il me demande parfois ce que je pense de cela ou de ceci. Je dis parfois que c’est bien ou moins bien."

Pour la vie quotidienne, les horaires élastiques exigent une bonne organisation. "Nous faisions déjà tous les deux la cuisine avant qu’il soit ministre-président. Il y prend beaucoup de plaisir, quand on a des invités il peut s’occuper de tout, de l’entrée au dessert. Il n’est pas du genre Madame fait tout Monsieur ne fait rien. Depuis ses nouvelles fonctions, il ne cuisine plus que le week-end". Les moments préservés du couple sont souvent consacrés à deux passions de Rudi Vervoort : la marche et le rock&roll. Cela commence à se savoir, Rudi Vervoort est fan de rock, souvent du "hard" d’ailleurs. "A la base ce n’est pas trop mon truc, je suis toujours en période initiatique."