Ils tiennent à le rappeler : ils ne sont pas "antivaccins". Ils se disent simplement "défenseurs du droit à une juste information pour tous". Citoyens de tous horizons, ils se sont regroupés sous le nom d’ "Initiative citoyenne". Début septembre, ils adressaient à la ministre de la Santé, Laurette Onkelinx, un courrier intitulé "10 questions au gouvernement belge sur la vaccination A/H1N1". Les réponses parvenues une semaine plus tard ne semblent pas avoir satisfait ces citoyens qui s’en sont expliqués, jeudi à Bruxelles. Ils ont ainsi adressé aux députés et sénateurs fédéraux un courrier les priant de ne pas accorder les pouvoirs spéciaux au gouvernement dans le cadre des mesures préventives à prendre contre la grippe A/H1N1.

Par ailleurs, s’appuyant sur diverses sources, émanant parfois de pays voisins, "Initiative citoyenne" a expliqué "les raisons de sa perplexité" par rapport aux réponses de la ministre. Petit aperçu de quelques sujets sur lesquels le débat reste ouvert.

A propos des groupes à risques, la ministre fait savoir que, "pour l’instant, avec l’agressivité du virus tel qu’observé à ce jour, on envisage plutôt une vaccination de groupes prioritaires et personnes définies "à risque".

Si la liste des personnes doit encore être affinée par les experts scientifiques, dans sa lettre du 10 septembre, Laurette Onkelinx avançait que "devraient déjà y figurer les professionnels de la santé, les femmes enceintes et certains malades chroniques". "La recommandation de vacciner les femmes enceintes tient au fait que la grippe elle-même est connue comme une cause bien réelle de fausse couche. [ ] Le risque de vaccin pandémique adjuvanté paraît bien moindre que celui lié à la grippe A/H1N1 elle-même", précise encore la ministre, sur base de "données fragmentaires". "Particulièrement hasardeux", n’a pas manqué de relever à ce propos le collectif, citant notamment un directeur de revue médicale qui indique que "recommander aux femmes enceintes de se faire vacciner par le vaccin contenant des amplificateurs de la réponse immunitaire (c’est-à-dire des adjuvants) est contraire aux principes de précaution".

Par rapport aux inquiétudes relatives au manque de recul et délais très courts d’évaluation de l’efficacité et des risques de ces vaccins, Laurette Onkelinx a rappelé que "la qualité du vaccin est essentielle et qu’il était hors de question pour elle d’entamer l’administration des vaccins avant d’avoir reçu le feu vert des instances européennes, lequel devrait être donné à la mi-octobre". "Il semble léger de sous-entendre que le feu vert européen est, en soi, une garantie de qualité du futur vaccin. En effet, des agences comme l’EMEA (NdlR : l’agence européenne des médicaments) seraient financées à 70 % par l’industrie", affirme "Initiative citoyenne", qui manque pour sa part de citer ses sources, allant jusqu’à mettre en doute, quelques lignes plus loin, le fonctionnement, le financement et la crédibilité de l’Organisation mondiale de la santé

Et lorsque la ministre de la Santé tient encore à repréciser que "chacun est libre de se faire vacciner ou non, sur les recommandations de son médecin traitant et en fonction de sa situation personnelle", les citoyens font pour leur part remarquer que "si les patients ont le malheur d’être conseillés par des médecins qui s’en réfèrent exclusivement à cette "cellule influenza", ils ne pourront pas bénéficier des informations contradictoires "

Des divergences de vues entre les deux parties, on pouvait encore en relever à plusieurs niveaux : qu’il s’agisse du budget de 152 millions d’euros engagé pour financer différentes mesures de prévention, du caractère obligatoire ou non de la vaccination, d’éventuelles indemnisations de futures victimes de ce vaccin, de l’information de la population sur les composants vaccinaux ou encore de la communication et les médias. Bref, le débat n’est pas clos