Belgique Les responsables religieux juifs redoutent une emprise politique sur la liberté des cultes israélite et musulman. Ils plaident pour un compromis maintenant l'abattage traditionnel. La Région de Bruxelles-Capitale ne s'est pas encore déterminée. Rencontre.

La communauté juive de Belgique est en colère. Le mot est faible : l’interdiction annoncée de l’abattage rituel à partir de 2019 aussi bien en Flandre qu’en Wallonie - la Région bruxelloise doit encore se positionner - est perçue comme une atteinte directe à la liberté de culte. La sienne mais aussi celle des musulmans. L’intransigeance manifestée, ces derniers jours, au Vlaams parlement comme au Parlement wallon est même perçue comme "la crise la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale". L’émotion dépasse les seuls juifs pieux. Le très non religieux Centre communautaire laïc juif a estimé sur son site qu’il y a sérieusement péril démocratique dans la maison commune belge : "Même si comme Juif laïque on ne se soumet pas aux 613 commandements, on y voit une mesure visant à présenter injustement les juifs et les musulmans pratiquants comme des barbares."

Symboliquement, le président du Consistoire central israélite, Philippe Markiewicz, et le Grand Rabbin de Bruxelles Albert Guigui ont tenu à recevoir "La Libre" à la Grande Synagogue, lieu de dialogue interreligieux et de parfaite intégration politico-philosophique afin d’exprimer de réelles craintes pour l’avenir.

En cause : un refus évident dans le chef des décideurs politiques flamands comme wallons de prendre en compte la dimension cultuelle de l’abattage rituel mais aussi une série de propos polémiques qui les ont atteints directement. Avec, en filigrane, un rappel dérangeant : lorsqu’il a lancé les mesures anti-juives, l’occupant nazi a d’abord interdit l’abattage rituel…


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