Pour Me Jean-Philippe Mayence, l’acquittement de Bernard Wesphael est une victoire judiciaire de plus dans une carrière déjà très riche en succès retentissants. A la sortie de la cour d’assises de Mons, il s’est pourtant montré discret. Il se disait avant tout soulagé pour son client et a eu aussi une pensée, qu’on devinait sincère, pour la défunte et ses proches.

Mercredi, à l’occasion de sa plaidoirie, de nombreux curieux s’étaient déplacés pour écouter parler le "maître". A l’issue de l’audience, on a vu quelques dames se pâmer, parlant de Me Mayence comme d’une rock star. C’en était gênant. Il est vrai que le ténor joue quelque peu de ses airs de dandy toujours tiré à quatre épingles. Il affiche un teint hâlé toute l’année (l’air de Marrakech sans doute), aime les belles voitures et fréquente des lieux à la mode, sans être un mondain pour autant.

C’est aussi et peut-être surtout un redoutable bosseur. S’il aima jouer au football (à l’Olympic), s’il continue à hanter les courts de tennis et les terrains de golf, s’il joue presque tous les jours au tennis de table avec ses trois fils et s’il est devenu en quelques années à peine un excellent bridgeur, il sait aussi passer des heures dans son cabinet ou le bureau de sa maison de Mont-sur-Marchienne pour préparer ses dossiers.

On l’a vu à l’œuvre lors de procès célèbres (Cools, Riga, Pirson, Habran, Storme, les amants diaboliques, etc) et ses clients en sont souvent sortis gagnants ou moins lourdement punis qu’attendu. Dans l’affaire qui nous occupe, il n’a, une fois de plus, pas ménagé sa peine. Il avait un client, à la sincérité duquel il a toujours cru, à défendre mais aussi une vérité judiciaire à faire éclater. On l’a vu très remonté contre le juge d’instruction et les enquêteurs brugeois, contre les parlementaires wallons de la commission des poursuites qui n’ont pas cru bon de combattre la thèse du flagrant délit pour garantir l’immunité de M. Wesphael, contre la presse qui l’a "écœuré". Jeudi soir, il n’avait rien oublié de tout cela et ceux qui ont "laminé" M. Wesphael n’ont qu’à bien se tenir.

Fils d’un grand avocat et d’une ancienne députée et ministre wallonne, Jean-Phlippe s’est fait un prénom. Sa force de travail (c’est un petit dormeur) et sa mémoire immense, son agilité intellectuelle, son charme indéniable sont de gros atouts lorsqu’il s’agit de convaincre un jury, institution qu’il défend bec et ongles.

Celui qui n’a presque pas de regrets (seul l’acquittement du lieutenant Pirson lui a laissé un goût amer) a dit un jour que "la cour d’assises est un lieu de miracles". Il l’a confirmé jeudi.