Jejoen Bontinck, un Belge de 18 ans parti se battre en Syrie au début de l'année et que son père avait tenté de rapatrier, est depuis une semaine aux Pays-Bas, a rapporté vendredi le journal belge De Standaard.

Très médiatisé au printemps, le cas de ce jeune issu d'un milieu catholique et converti à l'islam radical avait révélé aux yeux du public belge l'existence de filières de recrutement de volontaires pour combattre le régime de Bachar al-Assad.

En février, le jeune Anversois avait dit à ses parents qu'il partait en vacances aux Pays-Bas, alors qu'il s'apprêtait en fait à se rendre en Syrie. En avril, son père, Dimitri Bontinck, avait affirmé l'avoir eu au téléphone. "Il pleurait, il voulait quitter la Syrie", avait expliqué M. Bontinck, un ancien militaire, qui s'est ensuite rendu en Syrie pour rechercher son fils, en vain.

Depuis, et alors que plusieurs dizaines de jeunes Belges, comme des centaines d'autres Européens, ont rejoint les rangs des djihadistes syriens, où certains ont trouvé la mort, le sort du jeune homme restait mystérieux.

Selon De Standaard, qui cite des sources judiciaires, il se trouve "depuis plus d'une semaine aux Pays-Bas", en compagnie de son père. Celui-ci a pourtant affirmé jeudi dans un autre journal belge que son fils se trouvait "dans un endroit sûr en Syrie".

"La manière dont il a pu quitter la Syrie et arriver aux Pays-Bas reste un mystère", souligne De Standaard, selon qui son retour en Belgique serait "imminent".

Comme d'autres volontaires, Jejoen Bontinck sera vraisemblablement interpellé à son retour en Belgique et interrogé par la justice de son pays, qui enquête sur les filières de volontaires.

Pour son père, Jejoen a été endoctriné par un groupuscule islamiste radical, Sharia4Belgium, dont le dirigeant Fouad Belkacem est actuellement emprisonné en Belgique. "Mais selon d'autres volontaires rentrés de Syrie, Jejoen a lui-même joué un rôle actif dans le recrutement de volontaires à Anvers", explique De Standaard.

Les activités du jeune homme en Syrie devraient aussi beaucoup intéresser les enquêteurs belges. Des vidéos diffusées sur internet avaient montré des combattants à l'entraînement s'exprimant en néerlandais et en français avec des accents belges.

La Belgique a depuis lors procédé à des perquisitions dans les milieux islamistes et pris des mesures pour d'endiguer les départs.