Belgique

La Fédération Wallonie-Bruxelles (ou la Communauté française) a déboursé 17 300 euros sur les deniers publics pour faire venir à Bruxelles l’ancien journaliste américain Chris Hedges. Mercredi dernier, il a donné une conférence à l’ULB (au département de sciences politiques) sur les élections présidentielles aux Etats-Unis. Bonne idée, mais dans le microcosme politique francophone, on s’étonne du montant qu’il a fallu mettre sur la table pour attirer Chris Hedges.

C’est que cet ancien lauréat du prix Pulitzer n’est pas donné Il a en effet demandé un cachet de 15 000 dollars (plus de 11 500 euros) pour venir faire part de son analyse aux étudiants de l’université. À cette jolie somme, il faut ajouter 7000 dollars (plus de 5 300 euros) en billets d’avion pour son transport transatlantique. Enfin, ses nuits d’hôtel au Radisson de Bruxelles : 500 euros. Addition : 17300 euros pris en charge par la Communauté française, donc.

Question : n’est-ce pas cher payé pour un conférencier, alors que les entités fédérées ont dû procéder à des coupes sombres dans presque tous leurs budgets ? Pas pour la porte-parole de Rudy Demotte (PS) en tout cas, le ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui chaperonnait l’évènement en compagnie du politologue de l’ULB, Pascal Delwit.

"On assume complètement, explique-t-elle. La conférence à l’ULB de mercredi a réuni de nombreuses personnes et l’entrée était gratuite. C’est un ancien journaliste du "New York Times" et il est apprécié car il cultive la pensée non-conformiste aux Etats-Unis. Il y avait aussi un ‘momentum’: on arrive aux élections américaines."

Sur le cachet en soi (15 000 dollars), la porte-parole défend tout autant le choix de la Fédération Wallonie-Bruxelles : "Ce n’est pas si cher payé pour une personne de cette envergure qui a reçu le prix Pulitzer. Quand on fait venir Gorbatchev, c’est nettement plus cher (il avait été payé 73 000 euros pour une conférence à Liège, NdlR)."

Ancien correspondant de guerre, Chris Hedges est également l’auteur d’ouvrages tels que "L’Empire de l’illusion", qui dénonce le triomphe du spectacle et la mort de la culture.