Le tribunal d'application des peines ordonne un nouvel examen psychiatrique de Marc Dutroux

Le tribunal de l'application des peines (TAP) de Bruxelles s'est prononcé favorablement, ce lundi, au palais de justice de Bruxelles, concernant la demande formulée par les avocats de Marc Dutroux.

Belga

Le tribunal de l'application des peines (TAP) de Bruxelles a ordonné, lundi, une nouvelle expertise psychiatrique de Marc Dutroux, conformément à la demande des avocats de ce dernier. Ceux-ci avaient sollicité le 17 octobre qu'un collège de cinq experts psychiatres soit désigné pour examiner à nouveau Marc Dutroux, en vue d'une éventuelle demande de libération sous conditions. "Il est justifié qu'il soit procédé à cet examen", a affirmé le président du TAP de Bruxelles, lundi vers 13h00, en audience publique. Le nouvel examen psychiatrique de Marc Dutroux est attendu pour le 11 mai prochain au plus tard. Une nouvelle audience sera ensuite fixée après dépôt du rapport.

Le président du TAP a cité les noms des psychiatres qui formeront le collège d'experts en vue de cet examen. Il s'agit des médecins qui avaient été proposés par les avocats de Marc Dutroux.

Ces derniers, Mes Bruno Dayez et Nicolas Cohen, avaient demandé le 17 octobre qu'un collège de cinq experts psychiatres soit désigné pour évaluer l'état mental actuel de leur client, afin notamment de réévaluer le risque de récidive dans son chef. Le ministère public s'était dit favorable à cette nouvelle expertise, les dernières datant de 2013 et 2015, a rappelé lundi le TAP.

En fonction des résultats que cette expertise livrera, les avocats de Marc Dutroux pourraient introduire une demande de libération conditionnelle de leur client, autrefois diagnostiqué psychopathe.

"Contrairement à ce qu'on a pu dire, faire droit à cette demande était dans l'intérêt de toutes les parties", a commenté Me Bruno Dayez à la sortie de l'audience. "Le tribunal dit en substance qu'il est nécessaire d'actualiser les données sur la personnalité de monsieur Dutroux et en particulier sur sa dangerosité. Je pense qu'on a eu tort de considérer que cette demande était inopportune et le tribunal n'a pas dit autre chose. Dire que quelqu'un est un psychopathe une fois pour toute, un jour, toujours, nous semble un peu court. C'est ce qui a fondé notre demande, à laquelle le tribunal a donc fait droit", a-t-il ajouté.

A la question de savoir quelle sera sa démarche au cas où les experts considéreraient que Marc Dutroux est toujours dangereux, Me Dayez répond qu'il reste la question de ses conditions de détention.

"Indépendamment d'une libération conditionnelle, ses conditions de détention restent indécentes", a-t-il dit. "Je présume, sans pouvoir préjuger, que la façon dont les experts vont appréhender la situation ne pourra pas faire l'impasse sur ses conditions de détention. Je suppose qu'en filigrane de leur expertise on pourra mettre en rapport les condition particulières de sa détention le cas échéant avec les caractéristiques de son état mental".

Sur le même sujet