Affaire Chovanec: la famille de la victime "stupéfaite" par les propos du chef de la police fédérale

La famille de Jozef Chovanec, ce passager slovaque mort en février 2018 après son passage dans une cellule policière de l'aéroport de Charleroi, s'est dite stupéfaite mercredi par les déclarations du commissaire général de la police fédérale Marc De Mesmaeker, la veille à la Chambre.

Affaire Chovanec: la famille de la victime "stupéfaite" par les propos du chef de la police fédérale
©AP

Ce dernier avait laissé entendre que l'ouverture de procédures disciplinaires visant les policiers concernés par ce décès risquait d'encore se faire attendre car une bonne partie d'entre elles ne seront pas initiées avant que la justice ne se soit prononcée.

"Le fait qu'à ce jour, près de trois ans après les faits et six mois après que les images de cet effroyable événement eurent été rendues publiques, les enquêtes disciplinaires n'ont toujours pas commencé et risquent dès lors la prescription, est inacceptable pour la famille", a dénoncé l'avocat de la famille, dans un communiqué.

Selon M. De Mesmaeker, la prescription peut toutefois être évitée en suspendant son délai jusqu'à ce que la justice se soit prononcée sur les faits visés, de manière à prononcer d'éventuelles sanctions disciplinaires après un jugement. L'autorité disciplinaire envisagerait d'activer l'article permettant cette suspension.

Les proches de Jozef Chovanec jugent incompréhensible que des enquêtes disciplinaires puissent être prescrites précocement, et que certaines n'aient même pas commencé. La famille n'accepte pas que "la complexité d'une législation puisse être invoquée pour justifier l'inaction". Elle appelle toutes les instances concernées à entreprendre immédiatement les étapes nécessaires".

Concernant l'enquête elle-même, une reconstitution prévue les 9 et 11 février prochains a été reportée à une date ultérieure en raison de la situation sanitaire, a annoncé mercredi le parquet général de Mons.

L'affaire Chovanec a aussi été évoquée mercredi au Parlement européen. Le commissaire européen à la Justice Didier Reynders a insisté sur la nécessité pour les autorités belges d'avancer rapidement.

"La Commission n'est pas en mesure de commenter les détails des enquêtes en cours, et ne peut pas se substituer au rôle des autorités nationales chargées de ces enquêtes. Cependant, il demeure essentiel que les autorités belges conduisent rapidement les enquêtes judiciaires en cours sur cette affaire", a affirmé le Belge devant la Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures. Plusieurs eurodéputés se sont inquiétés de constater que l'enquête n'avait toujours pas abouti trois ans après les faits.

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