Culpabilité requise contre Sami Haenen pour délit de presse et menaces, la défense plaide l'acquittement

La délibération sur la culpabilité débutera mercredi matin.

Culpabilité requise contre Sami Haenen pour délit de presse et menaces, la défense plaide l'acquittement
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Les avocats de Sami Haenen, Me Lamy et Me Wilmotte, ont plaidé mardi après-midi son acquittement devant la cour d'assises de Liège. Selon la défense, rien de pénalement répréhensible ne peut être retenu contre l'accusé. Sami Haenen, un Flémallois âgé de 34 ans, est poursuivi pour des faits assimilés à un délit de presse. L'accusé avait proféré entre le 12 et le 19 octobre 2020 des menaces d'attentat à l'égard des femmes ou des féministes et avait incité à la haine ou à la violence envers les femmes.

Me Audrey Lamy a énoncé plusieurs éléments de droit pour mettre en cause les préventions reprochées à Samy Haenen. Selon elle, les éléments constitutifs des infractions ne sont pas réunis. Les menaces ne peuvent être retenues si elles résultent d'un emportement passager, si elles ne constituent pas un danger immédiat ou si elles ne sont pas dirigées contre une personne déterminée, de nature à constituer une crainte sérieuse.

Pour Me Alexandre Wilmotte, il est impératif de ne pas se tromper en analysant la personnalité de Sami Haenen avant de le juger. "Sami Haenen se retrouve sur le banc des accusés, dans une cour d'assises, alors qu'il n'a tué personne et n'a porté atteinte à l'intégrité physique de personne. Il n'y a pas de partie civile au procès et pas de plaignant, mais il aurait causé la terreur?", a souligné Me Wilmotte.

L'avocat de la défense a indiqué que son client est détenu depuis un an pour les faits qui lui sont reprochés. Il a purgé cinq mois à la prison de Lantin en détention normale et sept mois sous le régime du bracelet électronique. Pour le délit de presse qui lui est reproché, il est conduit menotté dans la salle d'audience.

Me Wilmotte estime que la législation actuelle est dépassée et inadaptée aux réseaux sociaux qui, à l'inverse des médias classiques, ne sont pas coresponsables des contenus qu'ils hébergent. "Zéro responsabilité ! En réalité, les réseaux sociaux bénéficient d'une impunité. Et si Facebook était responsable, je ne suis pas convaincu que Mark Zuckerberg aurait été renvoyé aux assises?", a lancé l'avocat.

Selon la défense, Sami Haenen n'a pas tout à fait tort quand il affirme qu'il y a deux poids, deux mesures. L'avocat a énuméré les menaces reçues par son client, auxquelles les publications qui lui sont reprochées ont succédé.

Me Wilmotte affirme aussi que son client est utilisé pour faire un exemple, puisqu'aucune cour d'assises n'a été organisée depuis de nombreuses années pour juger de tels faits. L'avocat conteste l'élément moral des infractions et affirme que rien de pénalement répréhensible ne peut être retenu contre Sami Haenen. "Aucun danger immédiat et certain n'apparaît dans ses propos, il n'y a pas de personne déterminée ciblée", a-t-il relevé.

Me Wilmotte a également exhibé aux jurés le livre "Moi les hommes, je les déteste", disponible en vente sur Internet. "L'ouvrage, menacé de censure, ne l'a pas été en raison de la liberté d'expression. C'est un plaidoyer contre les hommes. L'auteur de ce bouquin, vendu en parfaite liberté, est le pendant féminin de Sami Haenen, mais en pire !", a soutenu l'avocat.

La défense affirme que l'élément essentiel du procès repose sur les intentions de Sami Haenen. "Il faut sonder les intentions. A-t-il voulu engendrer un sentiment de terreur ou inciter à la haine ? Ou a-t-il voulu simplement réagir aux menaces de mort reçues ? En réalité, Sami Haenen était dans un moment de colère et d'émotion en réaction à des menaces reçues", a plaidé Me Wilmotte.

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