"Lorsque Sanda Dia a été extrait du puits, son arrêt de mort était déjà signé" : des experts reviennent sur ce qui a causé la mort de l'étudiant

Le tribunal correctionnel de Hasselt a entendu mardi après-midi les témoins dans le cadre du procès relatif au baptême qui a coûté la vie à Sanda Dia, un jeune étudiant de 20 ans de la KU Leuven.

"Lorsque Sanda Dia a été extrait du puits, son arrêt de mort était déjà signé" : des experts reviennent sur ce qui a causé la mort de l'étudiant
©BELGA

Trois experts sont ainsi venus détailler leur rapport devant une salle d'audience comble. Quatre membres du cercle étudiant Reuzegom étaient également présents de même que les proches de la victime et leurs conseils.

"La mort a été causée par un oedème cérébral aigu provoqué par une hypernatrémie extrême (soit une concentration trop élevée de sodium dans le sang, NDLR)", a expliqué le médecin légiste Werner Jacobs. "Lorsque Sanda Dia a été extrait du puits, son arrêt de mort était déjà signé", a ajouté son collègue le docteur Niels Van Regenmortel.

Selon le docteur Jacobs, Sanda Dia était un jeune homme en bonne santé avant les faits. "Je défie quiconque dans cette salle d'audience de se rendre à Blankenberge ce soir et d'y boire quatre litres d'eau de mer. Vous ne serez plus là", a poursuivi le docteur Jacobs, qui entendait illustrer ainsi la forte concentration de sel dans le corps de la victime.

Les experts ont ensuite décrit l'état dans lequel se trouvait Sanda Dia lorsqu'il a été amené aux urgences de l'AZ Malle aux environs de 21h15 par les personnes présentes lors de l'activité. "La température corporelle de la victime était de 28,7 degrés et il ne pouvait plus parler, seulement grogner."

Un quart d'heure plus tard, le jeune homme a fait un arrêt cardiaque, les médecins ont alors commencé la réanimation. Trois quarts d'heure plus tard, les services d'urgence sont arrivés avec la victime à l'UZ d'Anvers où il a été relié à un coeur et à des poumons artificiels.

"Les médecins de Malle ont tenté de le réanimer, comme il se doit", a souligné Ignace Demeyer, expert judiciaire et médecin urgentiste. La défense des membres du cercle étudiant se demandait en effet si Sanda Dia avait été correctement pris en charge d'un point de vue médical lors de son arrivée aux urgences de l'hôpital de Malle.

Les plaidoiries auront lieu le 22 avril. Les 18 prévenus sont notamment poursuivis pour homicide involontaire.

Le 5 décembre 2018, le cercle estudiantin avait organisé une épreuve de baptême à laquelle ont pris part Sanda Dia, 20 ans, et deux autres "bleus". L'activité avait débuté à Louvain et s'était poursuivie dans un chalet à Vorselaar (province d'Anvers) où la victime avait dû rester plusieurs heures dans un puits glacé. L'état de santé du jeune homme s'était nettement dégradé après avoir ingurgité de l'alcool et de l'huile de poisson. La victime, originaire d'Edegem (province d'Anvers), était décédée le 7 décembre 2018 à l'hôpital.

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