Le bourgmestre de Mons prend à nouveau un arrêté pour limiter la population carcérale

Les détenus sont beaucoup trop nombreux dans la vétuste prison de Mons.

Le bourgmestre de Mons prend à nouveau un arrêté pour limiter la population carcérale
©AVPRESS
Grégoire Lalieu

L'équilibre reste fragile à la prison de Mons. Construit au 19e siècle, l'établissement vétuste défraie souvent la chronique alors que les appels à développer un nouveau projet dans la Cité du Doudou se multiplient. Et le voilà qu'il fait à nouveau couler de l'encre.

Le bourgmestre Nicolas Martin vient en effet de prendre un arrêté pour limiter le nombre de détenus au sein de la prison qui manifestement, craque de toutes parts. Surtout dans le quartier des femmes où le rapport entre nombre de détenues et places disponibles est du simple au double!

La prison de Mons a en effet une capacité de 274 places pour les hommes et de 27 places pour les femmes. Or, actuellement, 346 hommes et 51 femmes s’y trouvent. "Cette surpopulation a de nombreuses conséquences, notamment pour le personnel, dont les conditions de travail deviennent intenables", indique-t-on du côté de la Ville de Mons. "En outre, elle alourdit la charge des services de police, au détriment de leurs missions de base. Par ailleurs, la trop grande promiscuité entre détenus crée des tensions et augmente les risques de débordements, ce qui représente un danger pour toutes les personnes séjournant, travaillant ou fréquentant la prison de Mons."

Si le bourgmestre continue à faire le forcing pour obtenir un nouveau bâtiment plus adapté, un arrêté s'avérait nécessaire, comme mesure d'urgence. "Les problèmes de surpopulation sont accentués par l'état général de vétusté dans laquelle la prison se trouve", relève Nicolas Martin. "À l'instar du palais de justice de Mons, qui est dans un état déplorable, la prison témoigne d'un manque criant d'investissements du Gouvernement fédéral. Les discussions ont d'ailleurs été initiées avec le secrétaire d'État fédéral en charge de la régie des bâtiments, Monsieur Mathieu Michel. Même si elles s'inscrivent dans un cadre constructif, cet arrêté s'impose comme une mesure d'urgence. Pour rappel, la volonté du Bourgmestre est que le fédéral procède à la construction d'une nouvelle infrastructure sécurisée et située hors de la Ville, comme ailleurs en Europe. Depuis sa construction en 1867, la prison de Mons n'a pas fait l'objet de travaux significatifs, ce qui la rend totalement inadaptée. Ce qui a été fait à Bruges, Leuven, ou ailleurs dans le pays en termes d'investissements doit aussi l'être à Mons."