Le médecin liégeois qui a fourni 2.000 faux certificats de vaccination a été inculpé et placé sous mandat d'arrêt

L’AViQ indique que d’autres médecins sont dans le collimateur.

Le médecin liégeois qui a fourni 2.000 faux certificats de vaccination a été inculpé et placé sous mandat d'arrêt
©BELGA
Colonius Lee avec JVK

Ce dernier, inculpé de faux informatique, de fraude informatique et d’atteinte à un système informatique, comparaîtra devant la chambre du conseil de Charleroi, la semaine prochaine.

Pour rappel, en début de semaine, la ministre Morreale a révélé l’existence d’une pratique douteuse de la part de ce médecin liégeois. Ce dernier a fourni plus de 2 000 certificats de vaccination un peu partout sur le territoire wallon. Compte tenu de l’étendue géographique et du nombre d’attestations, l’AViQ (l’Agence pour une vie de qualité) a déposé plainte avec une constitution de partie civile.

Un dossier a été mis à l’instruction auprès du parquet de Charleroi. Et rapidement, la culpabilité du médecin incriminé a mené à son arrestation mercredi soir par la police judiciaire fédérale de Charleroi. Le médecin liégeois a reconnu les faits à sa charge, ce jeudi après-midi devant le juge d’instruction en charge de l’enquête. Oui, il a bien inscrit 2 000 vaccinations inexistantes, permettant à de nombreux patients d’obtenir le CST (Covid Safe Ticket).

Selon nos informations, ces CST étaient fournis en échange d’une rémunération entre 200 et 350 euros/pièce. Le parquet de Charleroi a refusé de donner plus de précisions sur les pratiques du médecin. Inculpé et placé sous mandat d’arrêt pour trois chefs d’inculpation : faux informatique, fraude informatique et atteinte à un système informatique, le médecin est placé en détention préventive. La chambre du conseil tranchera, début de semaine prochaine, sur la prolongation ou non de cette détention préventive.

Outre les sanctions judiciaires (pour ce type de faits, l'inculpé risque jusqu'à 5 ans de prison), le médecin risque également des sanctions professionnelles. Le visa (délivré par le SPF Santé publique et qui est l'autorisation d'exercer) peut être enlevé ou suspendu, même préventivement. L'Ordre des médecins, avisé des faits, a d'ores et déjà annoncé que sa réponse serait "ferme". Philippe Bocho, le vice-président, a jugé le comportement du médecin "indigne de la profession" et a assuré qu'une enquête interne serait ouverte. Le médecin fraudeur a également perdu ses accès à Vaccinet, système qui permet aux médecins et aux centres de vaccination d'encoder les personnes vaccinées.

L’AViQ confirme que d’autres médecins sont dans le collimateur de l’agence pour des pratiques similaires. Les patients qui ont profité du système frauduleux mis en place par l’inculpé risquent également des poursuites judiciaires. Les faux CST ont été désactivés.

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