Un député pro-vaccin visé par un cocktail Molotov: le cdH réclame un "tribunal du Web"

Pascal Arimont, député européen pro-vaccin, a porté plainte. Le CDH réclame des initiatives fédérales contre les violences envers les élus.

Un député pro-vaccin visé par un cocktail Molotov: le cdH réclame un "tribunal du Web"
©Belga
A.d.M. (avec Belga)

Une partie de la frange hostile au vaccin contre le Covid-19 est-elle en train de se radicaliser ? Un cocktail Molotov a été jeté samedi sur la maison de Pascal Arimont, député européen germanophone, à Bullange, dans l’est de la province de Liège. L’explosif a été lancé sur son habitation en pleine nuit, alors qu’il s’y trouvait en compagnie de sa compagne et de ses deux enfants. La porte du garage est détruite. Les propos pro-vaccin du député sont à l’origine de cet acte criminel.

Un slogan haineux a également été griffonné sur l'habitation. Traduit en français, le message est "Mentir, faire du chantage, inciter à la haine, diviser… vous le payerez".

Le discours de Pascal Arimont n’a pourtant rien de radical. Le député tient un discours en faveur du vaccin et des évidences scientifiques mais se dit contre la vaccination obligatoire.

Ce n'est pas la première fois que ce père de famille de 47 ans est victime de fait de ce genre. En août, son portail avait été maculé de peinture rouge et du slogan "les politiciens sont des lâches". Oliver Paasch, le ministre-Président germanophone, fut lui aussi victime d'actes similaires. La partie germanophone du pays est très influencée par le mouvement anti-vaccin qui sévit fortement de l'autre côté de la frontière, en Allemagne.

Au vu de la gravité des faits de ce week-end et de la mise en danger de sa famille, l’eurodéputé a réagi et a déposé plainte après de la police.

Tribunal du Web

Le CDH, parti frère du CSP germanophone dont fait partie Pascal Arimont, a réclamé lundi des initiatives fédérales pour lutter contre les violences envers les élus ainsi que sur le Web, telles que les insultes, menaces de mort constantes, propos harcelants… La problématique interpelle depuis longtemps Maxime Prévot, président du CDH. En août, après les inondations, Axel Tixhon (CDH) avait démissionné de ses fonctions de bourgmestre de Dinant, notamment en raison de la virulence des expressions à son encontre sur les réseaux sociaux.

Les centristes réclament une batterie de mesures pour endiguer ces violences, sans nuire au caractère contradictoire du débat politique, "essence même de la démocratie".

Ainsi, "la parole haineuse sur Internet ne doit plus être un délit de presse relevant de la cour d'assises mais doit être correctionnalisée, sans quoi il existe de facto une impunité totale". La convocation d'une cour d'assises pour des délits de presse est extrêmement rare en Belgique, ainsi que coûteuse.

Le CDH réclame aussi une instance judiciaire spécifique, sorte de "Tribunal du Web". "Le dépôt de plainte lorsque l'on excède le simple usage de la liberté d'expression pour se complaire dans la liberté de diffamation ou l'appel à la violence doit faire l'objet d'une réaction plus rapide et efficace."

Enfin, exhorte le CDH, l'Union européenne doit "s'attaquer intensivement à la question délicate des algorithmes des réseaux sociaux qui confrontent les individus à la même opinion qu'eux-mêmes, sans plus de capacité de discernement ou de mise en perspective". Le CDH a, par ailleurs, rédigé un code de conduite de l'utilisation du Web par le monde politique. Il le soumettra aux autres partis afin de dégager un éventuel consensus.AdM (avec Belga)

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