Cinq ans de prisons requis pour un combattant en Syrie ayant vécu à Ostende

Le ministère public a requis, par défaut, lundi, devant le tribunal correctionnel de Bruges, la peine maximale de cinq ans de prison ferme à l'encontre d'un Tchétchène âgé de 33 ans et ayant vécu à Ostende, pour avoir combattu en Syrie pour le compte de l'État islamique (EI).

Cinq ans de prisons requis pour un combattant en Syrie ayant vécu à Ostende
©JC Guillaume
Belga

L'homme, Hussein T., avait rejoint le groupement terroriste en 2014, et avait été capturé cinq ans plus tard en Syrie. L'individu était arrivé en Belgique en 2003 depuis la République tchétchène. Deux ans plus tard, il avait obtenu le statut de réfugié. A Ostende, le prévenu a eu maille à partir avec la police à plusieurs reprises, entre autres pour vols et extorsion. Après une permission de sortie, il n'était pas revenu à la prison le 12 février 2013.

Une enquête avait finalement été ouverte sur la base d'informations de la Sécurité de l'État. Les listes administratives de l'EI montraient en effet que Hussein T. était arrivé en Syrie le 6 juillet 2014. Selon ces informations, sa dernière résidence se situait à Rotterdam, où il a peut-être séjourné quelque temps avec sa petite amie néerlandaise. La famille du prévenu a déclaré ignorer que ce dernier s'était radicalisé et qu'il comptait partir au front.

Selon le parquet fédéral, une enquête plus approfondie a montré que le Tchétchène jouait effectivement un rôle au sein de l'EI. Le procureur Ester Natus a également fait référence à des articles de presse basés sur des rapports américains. Un combattant en Syrie d'origine anversoise a également fait mention d'un Tchétchène avec une seule jambe qui aurait fait passer des armes en Belgique. Le ministère public a noté qu'Hussein T. était effectivement impliqué dans un trafic d'armes à feu en 2010 à Ostende et qu'il avait bel et bien perdu sa jambe droite dans un accident de train.

En avril 2019, le prévenu a été capturé par les Forces démocratiques syriennes (FDS). Il serait actuellement toujours retenu en captivité par les forces kurdes en Syrie. L'une des trois épouses de Hussein T. était encore en contact avec la mère de ce dernier depuis un camp. Elle a même envoyé des photos de leur enfant.