Le médecin wallon suspecté d'avoir délivré 2.000 faux CST contre de l'argent reste en prison

Son avocat avait plaidé une libération sous conditions.

Le médecin wallon suspecté d'avoir délivré 2.000 faux CST contre de l'argent reste en prison
©Belga

Souvenez-vous: fin novembre, la ministre wallonne de la Santé Christie Morreale avait révélé l’existence d’une pratique douteuse de la part d'un médecin liégeois. Ce dernier avait fourni plus de 2.000 certificats de vaccination un peu partout sur le territoire wallon. Compte tenu de l’étendue géographique et du nombre d’attestations, l’AViQ (l’Agence pour une vie de qualité) avait déposé plainte avec une constitution de partie civile.

Arrêté, le médecin urgentiste liégeois avait reconnu les faits à sa charge devant le juge d’instruction. Selon nos informations, ces CST étaient fournis en échange d’une rémunération entre 200 et 350 euros/pièce. Mais comme le relaie L'Avenir, un témoin avance de son côté un montant pouvant aller jusqu'à 1.500 euros. Le parquet de Charleroi avait toutefois refusé de donner plus de précisions sur les pratiques du médecin, qui se retrouvait inculpé et placé sous mandat d’arrêt pour trois chefs d’inculpation : faux informatique, fraude informatique et atteinte à un système informatique. Il avait été placé en détention préventive.

Nos confrères de L'Avenir révèlent ce lundi que la chambre des mises en accusation de Mons a confirmé la décision de prolonger d’un mois cette détention préventive. L'avocat du médecin avait plaidé une remise en liberté sous conditions mais cet appel n'a donc pas été entendu. L'individu reste pour l'heure en prison.

A noter qu'outre les sanctions judiciaires (pour ce type de faits, l'inculpé risque jusqu'à 5 ans de prison), le médecin risque également des sanctions professionnelles. Le visa (délivré par le SPF Santé publique et qui est l'autorisation d'exercer) peut être enlevé ou suspendu, même préventivement. Au moment de l'arrestation, l'Ordre des médecins, avisé des faits, avait annoncé que sa réponse serait "ferme". Philippe Bocho, le vice-président, avait jugé le comportement du médecin "indigne de la profession" et avait assuré qu'une enquête interne serait ouverte. Le médecin fraudeur a également perdu ses accès à Vaccinet, système qui permet aux médecins et aux centres de vaccination d'encoder les personnes vaccinées.

Sur le même sujet