Clémence pour des militants cyclistes liégeois

Le tribunal a disqualifié les faits et leur a accordé la suspension du prononcé

Clémence pour des militants cyclistes liégeois
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Le tribunal a été clément. Les trois militants cyclistes, poursuivis en correctionnelle pour avoir peint au pochoir 23 vélos et chevrons sur la rue Hors-Château en février 2019, à un jet de pierre du palais de justice de Liège, ont obtenu mardi la suspension du prononcé. En clair, une simple déclaration de culpabilité sans peine.

En agissant de la sorte, Xavier, Dominique et Pierre, deux quadragénaires et un quinquagénaire liégeois, avaient voulu mener une "action militante" dans une artère délicate pour les deux-roues.

Ils n'avaient pu terminer "le travail". Ils avaient été interpellés en pleine nuit, filmés par les caméras de surveillance installées dans la rue.

Un PV avait été rédigé et adressé au procureur du roi. Le parquet leur avait proposé, à deux reprises, une transaction pénale de 100 euros, qu'ils avaient refusée. Le trio avait alors été renvoyé devant le tribunal correctionnel pour entrave méchante à la circulation et dégradation de monument, passibles de peines de prison.

Un acte militant

"C'était une action directe non violente pour faire avancer la question de la mobilité à Liège", avait, en décembre dernier, synthétisé Xavier au début de son interrogatoire. Il s'agissait de sécuriser le parcours des cyclistes, avait souligné Dominique.

"J'ai ressenti l'urgence d'agir alors que l'on avait déjà averti et sensibilisé l'échevinat à cette problématique", avait revendiqué, Pierre, qui, comme Dominique, habite le quartier.

Membres d’associations cyclistes, le trio était en effet en contact régulier avec les autorités communales sur les questions de mobilité.

Pour la procureure toutefois, l'acte n'était pas acceptable. "Si chaque citoyen prenait l'initiative d'apposer des marquages, ce serait l'anarchie", avait-elle relevé, avant de requérir, vu les casiers judiciaires entièrement vierges des trois prévenus, un peine de travail de 46 heures.

La défense, Me Jean-Philippe Bruyère, avait contesté conteste l'entrave méchante et la dégradation, soulignant que "ce sont des gens de conviction, sincères, qui ont le sens du bien commun". Il avait plaidé l'acquittement ou à défaut, une suspension du prononcé.

Il l'a obtenue après que le tribunal eut revu la qualification des faits. Le tribunal a acquitté les trois prévenus de l'entrave méchante à la circulation. Il n'a pas retenu la destruction de monument, requalifiant les faits en graffitis non-autorisés.