La maman du petit Dean, retrouvé mort aux Pays-Bas, n'était pas au courant du passé de Dave De Kock : "Je lui faisais entièrement confiance"

Le corps du petit garçon de quatre ans a été retrouvé lundi soir, dans la province de Zélande (Pays-Bas).

La maman du petit Dean, retrouvé mort aux Pays-Bas, n'était pas au courant du passé de Dave De Kock : "Je lui faisais entièrement confiance"
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La Rédaction avec Belga

Hier, Dean Verberckmoes, l'enfant de quatre ans porté disparu depuis six jours et originaire de Saint-Nicolas, a été retrouvé sans vie dans la province de Zélande aux Pays-Bas. La police néerlandaise et le parquet de Flandre orientale l'ont confirmé lundi soir. Dès dimanche, il avait été établi que Dave De Kock et l'enfant se trouvaient aux Pays-Bas. Dans l'après-midi ce lundi, le trentenaire a été interpellé, il devra à nouveau être entendu. Un médecin légiste va examiner le corps de la victime pour déterminer les causes du décès et toutes autres traces seront aussi analysées par le laboratoire.

Au lendemain de cette triste découverte, la maman du garçon livre des détails auprès de nos confrères de Het Nieuwsblad sur les liens qui les unissaient avec Dave De Kock. Il apparait ainsi que celui-ci gardait régulièrement son fils avec l'aide de sa petite amie.

"Dean les connaissait bien, il adorait être là. Il était content d'aller vers eux"

, raconte Elke Verberckmoes, la mère de la victime. Elle confie qu'elle était au courant que l'homme avait été condamné, sans connaître le motif.

"Je savais qu'il avait été condamné et qu'il était allé en prison, mais je ne savais pas pourquoi. Il m'a seulement dit qu'il était innocent et qu'il y était resté 10 ans. Je lui ai fait confiance. Je n'ai jamais eu l'impression qu'il cachait des choses."

C'est seulement après la diffusion de l'avis de recherche pour son fils qu'elle a appris qu'il avait été condamné pour la mort d'un autre enfant. "

On m'a envoyé des articles sur son passé. J'étais choquée. Si j'avais su cela, je ne lui aurais jamais fait confiance."

La compagne de Dave De Kock aurait menti, selon la maman de Dean

La mère de Dean aussi accusé la compagne de Dave De Kock, arrêtée elle aussi par la police, d'avoir menti pour protéger ce dernier. "Elle n'a pas dit la semaine dernière que M. De Kock était parti avec le garçon. Elle a affirmé que l'enfant était toujours avec elle. Ce n'est que samedi qu'elle a avoué que M. De Kock avait emmené Dean. Lorsqu'une enquête a été lancée après la disparition de Dave De Kock le week-end dernier, elle n'a pas su expliquer quels vêtements il portait lorsqu'il est parti. Ce qu'elle a finalement détaillé par après. Cela n'a pas été mentionné dans le rapport d'enquête", a expliqué la mère au quotidien flamand. Elle a ajouté que la compagne de Dave De Kock souhaitait le protéger afin qu'il ne retourne pas en prison.

Le papa de Miguel, la première victime de Dave De Kock, réagit au décès de Dean: "De la déception, de la colère, de la tristesse"

Dave De Kock, interpellé dans le cadre du décès du petit Dean, avait déjà été condamné en février 2010 par le tribunal correctionnel de Turnhout à 10 ans de prison pour des faits de maltraitance envers un enfant, ayant provoqué la mort. "Il a purgé sa peine qui a pris fin en décembre 2018", a précisé le parquet.

Le petit Miguel, 2 ans, avait été projeté contre les barreaux de son lit avant d'être poussé dans les escaliers. De Kock l'avait aussi frappé avec un aspirateur. Il avait succombé à ses blessures.

Ce lundi, le père de Miguel a réagi auprès de nos confrères de VTM Nieuws. Il peinait à décrire ce qu'il ressentait à l'annonce du décès du petit garçon de 4 ans. "De la déception, de la colère, de la tristesse. Je suis abattu. C'est difficile à décrire", a pesté Mike Van Kriekinge. Ce drame replonge le père de Miguel dans l'horreur de la mort de son fils.

Ses pensées vont surtout à la mère de Dean. "Si je peux l'aider ou la soutenir, j'aimerais vraiment pouvoir le faire. Pour l'instant, je ne peux que lui souhaiter, ainsi qu'à sa famille et ses amis, mes plus sincères condoléances", a confié l'homme, les larmes aux yeux.

Avant que la mort du petit Dean soit confirmée, Mike Van Kriekinge avait déjà indiqué à nos confrères qu'il estimait que Dave De Kock aurait dû "être condamné à perpétuité" après les faits pour lesquels il a été condamnés. "Ce n'est pas possible, encore une fois. Quand j'ai entendu que c'était Dave De Kock, j'ai eu du mal à y croire."

Dave De Kock n'avait pu être placé en institution psychiatrique par manque de places

Dave De Kock avait fait l'objet lors de sa première détention en prison d'une demande de placement en institution psychiatrique, mais cela n'avait pu être concrétisé par manque de places, a indiqué mardi le ministre belge de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open Vld). En 2010, l'intéressé avait déjà été condamné à une peine de prison de dix ans pour la mort en 2008 d'un petit garçon de 2 ans de Ravels, localité frontalière avec les Pays-Bas.

De Kock a purgé l'intégralité de sa peine pour ces faits, si bien qu'après sa libération en 2018, plus aucune mesure judiciaire ne lui était imposable, a expliqué mardi matin le ministre sur les ondes de la VRT radio.

Lors de son incarcération à la prison de Tilburg (Pays-Bas), il avait été demandé que De Kock soit placé en institution psychiatrique. "Mais il n'y avait à l'époque pas de places, avec pour conséquence que la justice a décidé de le déplacer vers une autre prison, celle de Ruiselede (en Belgique, ndlr), où il avait suivi un programme pour se défaire de son assuétude aux drogues".

"Le grand problème dans notre pays, c'est que les cas psychiatriques à hauts risques, donc des personnes avec un très lourd passé judiciaire, sont bien souvent tout simplement privées de tout placement car leur casier judiciaire est trop lourd et qu'aucune place n'est prévue pour pareil cas. Nous avons depuis lors investi dans la construction de centres psychiatriques d'internement. Nous devrions aussi avoir des places dans des institutions psychiatriques hautement sécurisées pour des condamnés avec des profils lourds de ce type", a plaidé le ministre.

À ses yeux, davantage de moyens devraient d'ailleurs être investis dans ces infrastructures, de même que dans les soins spécifiques pour ces personnes.

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