Baptêmes controversés de la MAF: le jugement sera rendu lundi

Une peine de 15 mois de prison avec sursis probatoire a été requise contre un des prévenus.

Belga
Baptêmes controversés de la MAF: le jugement sera rendu lundi
©Lambert

Le tribunal correctionnel du Brabant wallon rendra lundi son jugement dans le dossier des baptêmes controversés au sein de la Maison des athlètes francophones (MAF), le cercle des étudiants en kinésithérapie et en éducation physique de l’UCLouvain. Neuf prévenus avaient comparu lors des audiences des 15 novembre et 6 décembre derniers pour s’expliquer sur des préventions de traitements inhumains et dégradants, coups et blessures volontaires, attentats à la pudeur ou encore abstention de venir en aide. Les faits reprochés ont eu lieu principalement lors des baptêmes de la MAF de 2017 et 2018 mais aucune victime ne s’est portée partie civile, et l’UCLouvain n’est pas non plus à la cause.

Une peine de 15 mois de prison avec sursis probatoire a été requise contre un des prévenus, le ministère public suggérant des peines de travail pour les autres. Les avocats de la défense, eux, réclament des acquittements.

Le dossier avait été ouvert à la suite de dénonciations de tiers, témoins ou proches de certains baptisés. Le parquet reproche notamment aux prévenus d’avoir obligé les "bleus" à avaler leur vomi ou celui des autres à diverses reprises, à ingérer des asticots et de la pâtée pour chien. Il était aussi question d’avoir placé des asticots dans la culotte des filles, d’avoir soumis les futurs baptisés à des baffes données avec du fumier ou de la mayonnaise ou encore d’avoir organisé un jeu au cours duquel ils ont dû garder entre leurs fesses une fricadelle enduite de moutarde.

Le ministère public avait indiqué à l’audience qu’il ne s’agissait pas de faire le procès des baptêmes étudiants, mais bien celui de certains débordements qui justifient des poursuites pénales, et ainsi rappeler que tout n’est pas permis. La peine la plus forte, quinze mois de prison avec sursis, a été requise à l’encontre du président "de fait" du comité de baptême, qui n’était en réalité plus étudiant à l’UCLouvain.

Du côté de la défense, les conseils ont indiqué que tous les "bleus" ont consenti aux différentes épreuves auxquelles ils ont été soumis, que celles-ci font partie d’un folklore estudiantin reproduit d’année en année, et que chacun savait qu’il pouvait arrêter dès qu’il estimait que ses limites étaient atteintes. Les épreuves se déroulant sur plusieurs soirées, les participants revenaient en connaissance de cause et ceux qui ont choisi d’arrêter avant la fin n’ont pas subi de conséquences négatives.

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