Le Comité R préconise plus de coopération entre services pour suivre les Frères musulmans

Le Comité R, le Comité permanent de contrôle des services de renseignement et de sécurité, avance mardi une série de recommandations pour améliorer la surveillance des activités des Frères musulmans en Belgique.

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Serge Lipszyc, président du Comité R.
Serge Lipszyc, président du Comité R. ©BELGA

Après avoir analysé le travail réalisé par la Sûreté de l'Etat et le service des renseignements militaires (SGRS) sur cette mouvance islamiste, le Comité R préconise un renfort de la coopération entre ces services de renseignements, mais également avec leurs partenaires (police fédérale, Ocam,...).

"L'enquête témoigne d'une absence de concertation entre les services de renseignement et leurs partenaires sur ce phénomène, qui résulte en une absence de définition commune du phénomène mais aussi une absence d'analyse partagée du niveau de la menace, ce qui pose question", selon le Comité R.

Tirant également les conclusions de l'affaire Ihsane Haouach, qui avait été proposée par Écolo au poste de commissaire du gouvernement et qui avait dû démissionner à la suite de révélations sur ses liens, délibérés ou à son insu, avec les Frères musulmans, le Comité R recommande une vérification préalable systématique de l'intégrité de candidats à certaines fonctions publiques.

Sont notamment citées les fonctions de commissaire du gouvernement, mais aussi celle d'aumônier, ou toute fonction-clé au niveau fédéral, régional ou communautaire. La mesure est aussi préconisée pour certaines fonctions au sein de la Défense.

Selon le rapport, les Frères musulmans, un mouvement né en Egypte il y a près de 100 ans et qui s'est internationalisé depuis, sont présents en Belgique depuis les années '60.

Ceux-ci se sont investis progressivement chez nous dans des activités sociales, religieuses et de jeunesse.

Selon l'analyse du Comité, Sûreté de l'Etat et SGRS assurent chacun un suivi distinct des Frères musulmans, et ce avec des moyens humains et techniques différents.

Si la Sûreté s'attache à une analyse de la mouvance dans sa globalité dans le cadre du suivi de la menace extrémiste chez nous, les renseignements militaires limitent, eux, leur travail à l'influence que la Confrérie pourrait chercher à exercer au sein de la Défense.

Selon le rapport du Comité, aucune menace directement liée aux Frères n'a été détectée contre une institution spécifique en Belgique.

Néanmoins, le SGRS considère que les Frères musulmans représentent un "danger".

Pour la Sûreté de l'Etat, ils constituent même une "menace haute et prioritaire en matière d'extrémisme dès lors que leur stratégie à court terme pourrait créer un climat de polarisation et de ségrégation au sein de la société belge, et constituer ainsi un vecteur de radicalisation".

Le Comité R suggère en conclusion aux deux services de renseignement "d'intensifier" leur sensibilisation des responsables politiques et administratifs sur les menaces liées à la présence des Frères musulmans en Belgique.