Baptême mortel à la KUL : "Les risques ont été mal évalués", affirme le président du cercle étudiant Reuzegom

"Nous aurions dû réfléchir davantage aux risques liés au baptême", a déclaré vendredi J.J., 25 ans, président du cercle étudiant Reuzegom au moment des faits.

Baptême mortel à la KUL : "Les risques ont été mal évalués", affirme le président du cercle étudiant Reuzegom
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Il comparaît aux côtés de 17 autres prévenus devant le tribunal correctionnel de Hasselt pour la mort de Sanda Dia, un étudiant de 20 ans de la KU Leuven. "Nous aurions dû envisager la chose de manière plus rationnelle, mais le baptême était sacré pour nous. Vu le résultat, bien sûr, c'est ridicule", a déclaré l'ancien président du cercle. "Nous étions devenus aveugles aux risques liés au baptême. Le froid, la gueule de bois et le manque de conscience du temps ont rendu l'épreuve très difficile mentalement et physiquement, mais nous n'avons jamais pensé que cela pourrait avoir des conséquences aussi désastreuses."

Pendant cette épreuve, les "bleus" devaient avaler un poisson et ensuite boire de la sauce de poisson. C'est la forte concentration en sel dans la mixture qui a été fatale à Sanda Dia. Le président de l'époque pensait alors que l'étudiant avait souffert d'hypothermie. Selon lui, les organisateurs du baptême ont pensé l'aider en le plaçant près du feu de camp. Finalement, selon le jeune homme, la panique a pris le dessus et il a été décidé de l'emmener à l'hôpital. "A. (un autre membre du cercle, ndlr) et moi pensions que le problème était résolu: il était à l'hôpital et ils allaient pouvoir l'aider."

L'accusation a ensuite interrogé J.J. sur une lettre adressée à la famille de Sanda Dia, qui n'a cependant jamais été envoyée. Selon l'ancien président du cercle, c'est le manque de cohésion en son sein qui a empêché l'envoi de cette lettre. "J'ai rédigé une première version avec mes parents, mais il y avait un désaccord entre les membres sur le contenu de la lettre. Je trouve très regrettable que la lettre n'ait finalement jamais été envoyée", a-t-il déclaré.

Un étudiant en médecine a dû convaincre le groupe d'emmener Sanda Dia à l'hôpital

Un étudiant en médecine à l'époque des faits, M.P., a dû convaincre d'autres membres du cercle étudiant Reuzegom de conduire Sanda Dia à l'hôpital lorsque l'épreuve de baptême a mal tourné. C'est ce qu'il a déclaré vendredi après-midi devant le tribunal correctionnel de Hasselt. M.P. n'a pas assisté à l'intégralité de l'épreuve de baptême, a-t-il expliqué. Mais il était sur place lorsqu'il est devenu évident que Sanda Dia ne se portait pas bien. "Il ne réagissait pas comme on pouvait s'y attendre. Il répondait, mais ce n'était pas intelligible."

"J'ai senti qu'il avait besoin d'être vu par des médecins", a-t-il poursuivi. "Ma principale préoccupation était de l'emmener à l'hôpital, et j'ai essayé de le faire comprendre au groupe. Au départ, cela n'a pas été facile. C'était plus grave que ce qu'on pensait, mais personne ne s'en rendait compte." L'étudiant en médecine a alors tenté de convaincre ses camarades et Sanda Dia a finalement été emmené à l'hôpital.

Le témoin ne s'est toutefois pas rendu lui-même à l'hôpital avec les autres. "Il me semblait logique que les personnes qui avaient été là toute la journée et qui en savaient davantage que moi, pouvaient mieux l'accompagner." L'étudiant s'est ensuite occupé des autres baptisés, a-t-il expliqué.

Les débats ne seront pas à huis clos

Le procès contre les 18 membres du club étudiant Reuzegom ne se déroulera pas à huis clos, a décidé vendredi le tribunal correctionnel de Hasselt. Un certain nombre d'avocats avaient pourtant fait cette demande après la diffusion d'images du dossier sur VTM, jeudi.

Au début de l'audience vendredi matin, l'avocat Joris Van Cauter, qui représente l'un des prévenus, a demandé à la cour un huis clos.

Nombre de ses collègues se sont plaints de l'attitude de la presse, mais la plupart d'entre eux ont laissé au président du tribunal le soin de décider de la publicité des débats. Les avocats des proches de Sanda Dia n'ont pas non plus demandé explicitement le huis clos.

"Nous sommes d'accord avec la demande de Me Van Cauter pour que les débats se déroulent dans une atmosphère sereine", a déclaré le substitut du procureur du Roi, Bruno Coppin. "Mais nous ne voyons aucune raison pour l'instant de le faire à huis clos."