A son tour, la Belgique promet d’expulser l’imam Hassan Iquioussen

Sous le coup d'une expulsion en France, l'imam serait en fuite "probablement en Belgique" selon les autorités françaises.

Ch.Ly.
A son tour, la Belgique promet d’expulser l’imam Hassan Iquioussen
©MAXPPP

Les autorités belges n'ont pas l'intention d'accueillir l'imam jugé radical en France, Hassan Iquioussen, qui a fait mardi l'objet d'un arrêté d'expulsion et qui a disparu de son domicile de Lourches, dans les Hauts-de-France. Les autorités françaises pensent qu'il s'est réfugié en Belgique. "À l'heure actuelle, il n'y a aucune confirmation de sa présence éventuelle dans notre pays", indique dans un SMS le cabinet du ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne. "Les services de renseignement et de sécurité belges ne laissent toutefois rien au hasard et sont en contact avec les services français. Si sa présence en Belgique devait effectivement se confirmer, la procédure pour les prédicateurs de haine étrangers sera suivie. Cela signifie donc qu'il sera expulsé".

L’introuvable imam est donc persona non grata en France, en Belgique, mais aussi dans le pays de sa nationalité, le Maroc, qui a suspendu in extremis le laissez-passer consulaire qui aurait permis à l’imam de regagner le Maroc.

Le média marocain Le Desk publie en ligne ce laissez-passer consulaire, rédigé le 1er août par le consulat général du Maroc à Lille, puis suspendu par manque de “concertation” selon une source de l’AFP. Né en France mais de nationalité marocaine, Hassan Iquioussen a cinq enfants et 15 petits-enfants, tous Français.

Sous mandat d’arrêt européen

A cet imbroglio s'ajoute que la France a décerné un mandat d'arrêt européen, dont son avocate conteste la légalité. Plusieurs juristes estiment en effet que si l'imam est sorti de France, il a exécuté l'arrêté d'expulsion. "Si l'imam Iquioussen est arrêté en Europe et que le Maroc ne veut plus le reprendre, il va où ?" C'est quoi la suite de cette histoire ?", réagit à l'AFP le député RN du Nord, Sébastien Chenu. "J'aimerais bien que nos brillants juristes et ministre de l'Intérieur nous expliquent ce qu'ils ont en tête".

Le ministre, Gérald Darmanin, a fait expulser l’imam sur base d’un rapport de la DGSI. Le Conseil d’État a validé sa décision épinglant “des propos antisémites” et “un discours systématique sur l’infériorité de la femme”. L’imam avait en vain sollicité en 1984 et en 1990 sa naturalisation française.