Drame à Mariakerke : l'ancienne directrice de la crèche 't Sloeberhuisje et son père, libérés sous conditions

Ils ont été placés sous surveillance électronique.

Drame à Mariakerke : l'ancienne directrice de la crèche 't Sloeberhuisje et son père, libérés sous conditions
©BELGA

L'ancienne directrice de la crèche 't Sloeberhuisje à Mariakerke, une section de la commune de Gand, et son père, qui y travaillait, ont été libérés sous conditions et placés sous surveillance électronique. C'est ce qu'a décidé mardi la chambre des mises en accusation de Gand. Une petite fille de six mois avait été grièvement blessée au sein de la crèche et avait ensuite succombé à ses blessures à l'hôpital le 18 février dernier.

Le jeudi 17 février au matin, l'UZ Gent avait informé le parquet qu'un bébé avait subi un grave traumatisme cérébral dans des circonstances peu claires. La fillette avait été amenée au service des urgences de l'hôpital gantois un jour plus tôt, à la suite d'un appel de la crèche de Mariakerke.

Dans la foulée, un juge d'instruction avait arrêté Roxan V., le père de Davina V. (la directrice et exploitante des lieux), pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. La femme avait, elle, été inculpée pour homicide involontaire et libérée sous conditions. Sur base de nouveaux éléments de l'enquête, elle avait finalement été arrêtée début juin pour, entre autres, négligence.

L'autopsie a révélé que l'enfant était mort du syndrome du bébé secoué. Une enquête est en cours pour déterminer si Roxan V. en est responsable. L'intéressé a toutefois nié avoir secoué l'enfant.

Selon les rapports d'inspection de la crèche depuis 2015, les parents accusaient le père, qui travaillait également comme surveillant, de violence physique envers les enfants. La gérante des lieux niait cependant chaque fois qu'il se passait quoi que ce soit.

Davina V. avait fermé la crèche après les faits et l'agence publique flamande Opgroien avait ensuite décidé de retirer la licence d'exploitation, après l'avoir déjà suspendue.

La directrice de la crèche n'était pas présente au moment des faits. "Ma cliente n'est soupçonnée qu'indirectement, pour des accusations liées à la façon dont la crèche était exploitée. Elle répondra de ces infractions", a assuré son avocat Han Vervenne.

Il y a quinze jours, la chambre du conseil de Gand avait décidé de libérer sous bracelet électronique la femme et son père. Le parquet avait cependant fait appel. La chambre des mises en accusation de Gand a finalement décidé mardi d'effectivement libérer les deux intéressés.

Durant la période où elle était libre sous conditions, Davina V. a déclaré dans une interview que son père ne pouvait pas expliquer les blessures subies par le bébé. Selon elle, il affirme qu'il jouait avec la fillette alors qu'elle était dans un transat pour bébé et qu'elle est soudainement devenue rouge et a cessé de respirer.

Charlotte Demaitre, l'avocate du père, n'a pas souhaité donner plus de détails sur la décision de la chambre des mises en accusation.

L'enquête n'en est pas encore à son stade final. Les rôles de Kind en Gezin et de l'agence flamande Opgroeien, dont ce service pour la (petite) enfance dépend, doivent encore être approfondis.