Sympathisant de l'extrême-droite, collectionneur d'armes: qui est Yannick V., l'homme tué lors d'une intervention policière à Anvers?

L'homme décédé au cours d'une opération policière à Merksem (Anvers), mercredi matin, présentait des sympathies avec l'extrême-droite.

Arnaud Farr & La Rédaction
Sympathisant de l'extrême-droite, collectionneur d'armes: qui est Yannick V., l'homme tué lors d'une intervention policière à Anvers?
©D.R.

Ce mercredi matin, une dizaine de perquisitions ont été menées dans la région d'Anvers dans le cadre d'une enquête portant sur la détention illégale d'armes à feu et la préparation d'un attentat terroriste. Au cours de ces opérations policières, un homme de 36 ans est décédé.

A l'issue des perquisitions, six personnes ont été interpellées en vue d'auditions. "Le juge d'instruction décidera ultérieurement si elles doivent être déférées devant lui", explique Eric Van Duyse, porte-parole du parquet fédéral. "Lors de la perquisition du domicile de la personne décédée, plus d'une centaine d'armes ont été trouvées ainsi qu'une très grande quantité de munitions. Des gilets tactiques, des lunettes de vision nocturne, des lunettes de vision thermique et divers matériels ont également été trouvés."

D'importantes quantités d'armes et de munitions ont également été découvertes lors des autres perquisitions. "Le groupe de personnes visé est soupçonné de vouloir mener une forme de résistance armée contre le gouvernement sans avoir déjà déterminé une cible concrète ou une date de passage à l'acte", ajoute-t-il.

Selon nos confrères du Nieuwsblad, Yannick V., originaire de Merksem, était un sympathisant de l'extrême-droite. Sur les réseaux sociaux, il exprimait régulièrement ses vues politiques radicales. Son dernier message posté sur Facebook saluait la victoire de la politicienne d'extrême-droite Giorgia Meloni, lors des législatives italiennes.

La victime se décrivait également comme un tireur d'élite et un collectionneur d'armes à feu, selon nos confrères flamands. Sur la toile, Yannick V. a fait état à plusieurs reprises de sa collection de fusils. Dans un article pour le média en ligne "MacroTrends", l'homme justifiait sa possession d'armes par une "obligation morale" de se défendre ainsi que défendre ses proches et ses enfants. "Après tout, un homme libre, un homme souverain, prend soin de lui-même et ne compte pas sur un autre pour protéger ce qui lui est le plus cher", déclarait-il, avant de donner des conseils sur la manière de se procurer des armes en Belgique.

Yannick V. se présentait comme appartenant au courant du "survivalisme", qui désigne la préparation à des catastrophes majeures, comme la fin du monde. Très pessimiste pour l'avenir, surtout depuis la pandémie, la victime aurait notamment constitué des réserves de nourriture en plus de son stock d'armes.

Nous avons également appris qu'il faisait partie du mouvement Les Citoyens souverains, un courant originaire des USA qui rejette toute forme d'autorité. "Il s'agit d'un mouvement qui porte plusieurs noms tels que les Freemen on the land ou les Citoyens Souverains, etc. Ce mouvement existe depuis des années et trouve son origine aux États-Unis. L'idée pour eux est de marquer leur retrait de la vie administrative. Concrètement, ils signifient à l'État qu'ils n'en font plus partie, qu'ils n'ont pas donné leur accord pour être enregistrés à la commune, qu'ils ne reconnaissent plus les lois, les instances judiciaires, etc.", indiquait la porte-parole de la Sûreté de l'État en décembre dernier.

Selon nos informations, le niveau de menace de l’Ocam est maintenu à 2 (menace moyenne).