L'UCLouvain condamnée pour violence au travail envers une professeure de biologie

Le tribunal du travail du Brabant wallon a condamné vendredi l'UCLouvain pour des violences psychiques infligées à la professeure de biologie Caroline Nieberding, a indiqué à Belga Jean-Pascal van Ypersele, climatologue et ancien vice-président du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), également professeur au sein de l'institution louvaniste.

L'UCLouvain condamnée pour violence au travail envers une professeure de biologie
©FIFI

"Le tribunal a reconnu l'existence de violences psychiques subies par la professeure dans le cadre de son travail" à l'université, "et en a ordonné la cessation via différentes mesures", ajoute M. van Ypersele, qui se présente comme un soutien de sa collègue, Caroline Nieberding.

Victime de harcèlement au travail et de violence en raison de son genre, la biologiste reprochait à l'UCLouvain de ne pas avoir pris les mesures qui s'imposaient pour la protéger. Notamment, aucune médiation n'a été entreprise malgré des demandes répétées de la plaignante.

Caroline Nieberding dénonçait entre autres des remarques sexistes concernant son physique, un harcèlement moral et sexuel, une forme d'exclusion et le dénigrement par ses collègues de l'Earth and Life Institute (ELI).

Le Bureau de l'institut ELI reconnaissait pour sa part le 30 septembre dernier, via communiqué, l'existence d'un "conflit multiforme de longue date entre un membre du personnel académique qui se heurte à de nombreux autres membres académiques, scientifiques, mais aussi administratifs et techniques", précisant encore que "des propositions répétées ont été formulées par l'UCLouvain pour restaurer la sérénité au travail et soulager les personnes qui subissent des attaques".

Le Bureau de l'institut ELI indiquait également regretter certaines sorties de presse avant que le tribunal du travail n'ait statué sur l'ensemble du dossier. "Cela met en péril la réputation de l'institut ELI, porte atteinte à son autorité morale et cause, en outre, un préjudice moral injustifié aux centaines de ses collaborateurs. Mais surtout, cela conduit à ce que des revendications nécessaires pour une égalité entre les hommes et les femmes se transforment en des demandes pour un égalitarisme forcené, parfois absurde, qui génère du ressentiment et contribue à consolider un discours victimaire" ajoutait alors le Bureau.

Auparavant, l'auditorat du travail, saisi de la question, avait déjà estimé que l'absence de réaction (suffisante) de l'UCLouvain a porté atteinte à l'intégrité psychique et morale de la plaignante.

l'UCLouvain ira en appel

L'UCLouvain interjettera appel de sa condamnation vendredi par le tribunal du travail du Brabant wallon pour violence au travail envers la professeure de biologie Caroline Nieberding, a-t-elle annoncé à Belga. Caroline Nieberding dénonçait entre autres des remarques sexistes concernant son physique, un harcèlement moral et sexuel, une forme d'exclusion et du dénigrement de la part de ses collègues de l'Earth and Life Institute (ELI). Elle reprochait à l'université de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour la protéger. Le tribunal brabançon lui a donné raison vendredi.

"L'UCLouvain prend acte de la décision rendue par le président du tribunal du travail de Nivelles, qu'elle analyse en détails", a commenté l'institution. L'université ira en appel contre la décision "afin de défendre ses droits, ainsi que ceux des membres de son personnel", a-t-elle souligné.

L'Université catholique de Louvain a en outre déploré que le conflit ait abouti devant la justice, "malgré les nombreuses tentatives d'apaisement et de conciliation initiées par l'université".

De son côté, l'auditorat du travail, saisi auparavant de la question, avait déjà estimé que l'absence de réaction proportionnée de l'UCLouvain a porté atteinte à l'intégrité psychique et morale de la plaignante.