Procès Peterbos: prison avec sursis plaidée pour l'un des principaux prévenus

Trente-et-une personnes comparaissent devant la justice pour avoir participé à un trafic de drogue dans le quartier de la cité Peterbos, à Anderlecht.

Une opération de police dans la cité de logements Peterbos, à Anderlecht.

Me Sven Mary et Me Séverine Solfrini ont plaidé, lundi, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, une peine de prison avec sursis probatoire pour leur client, prévenu pour avoir eu un rôle de dirigeant dans une organisation criminelle active dans la vente de stupéfiants. Trente-et-une personnes comparaissent devant la justice pour avoir participé à un trafic de drogue dans le quartier de la cité de logements Peterbos à Anderlecht.

Me Mary a plaidé l'acquittement de son client pour une prévention de blanchiment d'argent et a sollicité une requalification de la prévention d'organisation criminelle en association de malfaiteurs. "Les éléments constitutifs de l'organisation criminelle ne sont pas réunis. On n'est pas face à une organisation criminelle mais à une association de malfaiteurs. Cette qualification d'organisation criminelle ne résulte que de l'orientation que le ministère public veut donner au dossier", a-t-il plaidé.

Ensuite, le pénaliste a contesté la qualité de dirigeant de son client et a demandé de réduire la période infractionnelle de novembre 2020 à novembre 2021, au lieu de juin 2020 à avril 2022 comme requis par le procureur. Selon Me Mary, son client, que le procureur a dépeint comme un "superviseur" du trafic et contre lequel il a requis une peine de huit ans de prison, n'était en réalité qu'un "ravitailleur", placé "juste au-dessus des vendeurs et des guetteurs" dans la hiérarchie du réseau. Il avait accepté ce rôle pour une somme de 5.000 euros par mois.

Me Mary a insisté auprès de la présidente sur la nécessité "d'individualiser les périodes infractionnelles et les confiscations", de "résister à la tentation du fourre-tout".

Me Isa Gultaslar a également plaidé lundi. Il a sollicité une peine de travail pour un jeune homme de 21 ans, arrêté en novembre 2021, qui a avoué avoir été une "nourrice" dans ce trafic. Il gardait, dans sa chambre, de la drogue et de l'argent pour le compte d'un tiers dont il n'a pas souhaité dévoiler le nom. Une quantité de 395 grammes de cocaïne et une somme de 69.000 euros ont été saisies. Le problème, selon Me Gultaslar, c'est qu'environ 13.000 euros, retrouvés dans des enveloppes dans la chambre du père du prévenu, ne provient pas du trafic mais bien du compte bancaire du papa. Il a dès lors demandé la restitution de cette partie de la somme confisquée.

Le jeune homme, qui travaillait comme animateur et faisait du bénévolat à la maison des jeunes du Peterbos, a par contre contesté avoir été un vendeur et un transporteur, comme l'affirme le procureur, qui a requis contre lui une peine de 40 mois de prison avec sursis pour la moitié. Selon son avocat, il a accepté de jouer les "nourrices" durant 18 jours uniquement, pour une somme de 50 euros par jour.

Dans ce procès, 31 personnes, de nationalité belge et française, sont prévenues pour vente illégale de stupéfiants, entre 2020 et 2022. Selon l'enquête, un trafic de cannabis et de cocaïne se déroulait principalement dans et aux alentours de la cité du Peterbos à Anderlecht, mais aussi du côté de la place Lemmens, dans la même commune. Deux réseaux se seraient ainsi associés.

Une vague de perquisitions a eu lieu le 26 novembre 2021, puis une seconde le 14 décembre, dans de nombreuses communes de la région bruxelloise, mais aussi à Asse et à Puurs en Flandre. Elles ont mené à des saisies importantes de drogue et d'argent.

La plupart des prévenus sont de très jeunes hommes, âgés d'une petite vingtaine d'années. Les uns sont suspectés d'avoir été des "guetteurs", les autres, en général les plus jeunes, des vendeurs. D'autres encore sont soupçonnés d'avoir endossé le rôle de "nourrice", en gardant l'argent et la drogue, dissimulés dans des appartements ou des chambres d'hôtel. Par ailleurs, plusieurs d'entre eux étaient venus de Marseille pour s'installer à Bruxelles et participer à ce trafic de stupéfiants à Anderlecht.

Selon le procureur, les prévenus constituent "le bout de la chaîne" du réseau de trafiquants, bien qu'il identifie deux chefs de l'organisation, et trois "bras droits". Interrogés par le tribunal sur les véritables "têtes pensantes" du trafic, les prévenus n'ont soit pas souhaité répondre, soit affirmé n'avoir jamais vu leur visage.

La présidente a pris l'affaire en délibéré lundi soir et elle rendra son jugement le 1er décembre à 09h00.