"L'arrestation arbitraire inacceptable" d'un Camerounais en Belgique : "J'ai donné aux médecins mes rapports médicaux, ils ont refusé de le lire"

Le Conseil du contentieux des étrangers a reconnu qu'un Camerounais de 66 ans a été contraint de passer deux semaines en centre fermé, privé de soins de santé urgents, rapporte Le Soir lundi.

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Trois députés bruxellois lui ont rendu visite à Steenokkerzeel (Brabant flamand) et estiment qu'il s'agit d'une arrestation arbitraire inacceptable.

Lukas Waufo est un entrepreneur camerounais de 66 ans qui circule fréquemment pour les affaires au sein de l'espace Schengen. Lors d'un voyage en octobre il est arrivé en Belgique via Brussels Airlines, mais peu après il a présenté des ennuis de santé. Plusieurs opérations sont effectuées et une programmée fin du mois à Bruxelles. Il doit revenir d'un déplacement en Bosnie via Zagreb vers la Belgique pour être présent à une consultation avant l'opération. Mais son visa a entre-temps été déclaré invalide, ce qui ne lui a jamais été notifié. Il est emmené menotté au centre fermé Caricole, à Steenokkerzeel pour une détention de quatorze jours. "Au centre, j'ai donné aux médecins mes rapports médicaux, qu'ils ont refusé de lire. Ils m'ont interdit de prendre contact avec mon médecin à l'extérieur", dénonce le sexagénaire.

Informés du cas, trois députés bruxellois - Kalvin Soiresse Njall (Ecolo), Petya Obolensky (PTB) et Gladys Kazadi (Les Engagés) - décident d'user de leur pouvoir parlementaire pour se rendre à la Caricole le 10 novembre. "Après avoir récolté toutes les informations nécessaires et les avoir analysées, nous estimons qu'il s'agit d'une arrestation arbitraire inacceptable", écrivent-ils au Soir dans la foulée.

Ce jour-là, Lukas Waufo bénéficie d'une décision favorable du Conseil du contentieux des étrangers, sollicité en extrême urgence. Lequel constate qu'en dépit des précautions qui s'imposaient, l'état de santé de l'homme n'a pas été considéré dans la décision de l'enfermer. État que les médecins de l'OE ont pourtant eux-mêmes fini par reconnaître comme très sérieux, relève le Conseil.