La procédure en recherche de paternité à l’égard d’Albert II va pouvoir débuter.

Ce n’est qu’une étape dans la quête de Delphine Boël qui, depuis 2013, tente de faire établir par la justice que son père n’est pas Jacques Boël mais Albert II. Mais elle est importante. La Cour de cassation a rejeté vendredi le pourvoi d’Albert II, contre deux arrêts de la cour d’appel de Bruxelles qui étaient favorables à la jeune femme. Ils deviennent donc définitifs.

Le premier arrêt disait que Jacques Boël n’était pas le père de Delphine. Ce point était évidemment un préalable pour pouvoir lancer une procédure en recherche de paternité.

Le deuxième arrêt disait qu’Albert devait - immédiatement, donc avant l’arrêt de cassation rendu ce vendredi - se soumettre à un prélèvement ADN mais que ses conclusions ne seraient pas divulguées à ce stade de la procédure.

Albert II s’était soumis à ce test. La Cour de cassation a validé le prélèvement précoce de cet ADN, estimant qu’il y avait urgence et qu’un tel prélèvement était préférable à un éventuel test post mortem.

Le deuxième volet de l’affaire, qui a trait à la recherche de paternité, va pouvoir débuter. Me Marc Uyttendaele, avocat de Delphine Boël, l’a annoncé après l’arrêt : il écrira lundi à la cour d’appel de Bruxelles pour qu’elle demande à l’expert en génétique de finaliser et de déposer au plus vite son rapport ADN.


Le Roi prêt à se défendre

Rapport que la défense d’Albert II laisse entendre qu’elle pourrait bien contester. "Personne ne connaît les résultats, pas même le Roi", dit en préalable son avocat, Me Alain Berenboom, avant d’ajouter que "devant la cour d’appel, se posera la question de savoir si l’on produit ou non le test ADN".

Pour l’avocat, cette décision de justice n’est pas une défaite pour le Roi. Vu que la Cour de cassation a décidé qu’Albert était étranger à l’action en contestation de la paternité de Jacques Boël, elle n’a pu que dire que son point de vue ne pouvait être entendu. Ce n’est donc que maintenant que pourront être développés les arguments du Roi, dit Me Berenboom, qui reste discret sur ceux-ci.

"Il serait très singulier de contester un test si on n’est pas convaincu que le résultat serait défavorable", réagit ironiquement l’avocat de Delphine Boël.

Quand le rapport de l’expert sera déposé au dossier, les parties auront accès à ses constatations : "Cela ne veut pas dire que je le rendrai public", prévient d’ores et déjà Me Uyttendaele.

Aucune décision de justice ne sera prise sur base du seul test ADN. Les parties échangeront des conclusions avant de plaider et que la cour d’appel tranche.

Mais quand ? Me Berenboom ne s’avance pas : "À la cour d’appel de décider du rythme qu’elle donnera à ce dossier." De son côté Me Uyttendaele table sur un arrêt dans l’année.